mercredi 12 septembre 2018




Présentation de la méthodologie générale de la philosophie islamique sur l’existence:

Le développement de la philosophie arabo-islamique a connu un enchaînement méthodologique complexe fondé sur les éléments constitutifs issus du Coran et des grandes Ecoles de pensée depuis les Muâtazilites et Alkindi jusqu’à Ibn Khaldoun, en passant par les «péripatéticiens arabes» ( المشا ئين العرب) de l’Andalousie fondamentalement, rationalistes et aristotéliciens ( IbnRoshd, IbnTofayl, IbnBaja, IbnMasara..) à savoir :
-La méthodologie coranique ;
-l’effort grandiose d’Alkindi d’orienter la philosophie Islamique vers une synthèse aristotélicienne en concertation constante avec la pensée muâtazilite ;
-la consolidation et l’expansion théoriques réalisées par Alfarabi et Ibn Sina ;
-L'apport méthodologique des «péripatéticiens arabes» ( المشا ئين العرب) de l’Andalousie fondamentalement, rationalistes et aristotéliciens ( IbnRoshd, IbnTofayl, IbnBaja, IbnMasara..)
-les traductions importantes et significatives des textes de la pensée philosophique et scientifique grecque ;
-la combinaison de la philosophie et des sciences religieuses islamiques ( exprimées dans «Ilm Alkalam») en combinaison avec les apports méthodologiques hellénistiques (aristotélicienne, platonicienne et new-platonicienne).
L’interrogation philosophique fondamentale ou l’argumentation cosmologique de la causalité première.
*-L’interrogation est axée sur le POURQUOI et non seulement sur le COMMENT : Il ne s’agit pas d’expliquer au moyen des sciences exactes comment l’univers ait été crée, mais de répondre pourquoi l’univers ait pris la forme d’un corps-énergie etc. (donnant naissance au Temps) plutôt que rien ?, puisque le néant ne peut engendrer le monde – pourquoi l’existence et non pas la non - existence? = solution exclusive restante développée par Ilm Alkalam arabo–islamique dans sa symbiose avec la vision platonicienne linéaire du Temps(1) ( Elfarabi, Ibn Sina en l’occurrence ) en réponse au problème de la causalité- (السببية-(1) ); ou pourquoi y’a-il un monde plutôt que rien ? puisque la Science ne fait qu’apporter des réponses sur le COMMENT en expliquant d’une manière causale les relations entre les différents éléments empiriques du monde!(NOTE 1)
L’interrogation philosophique s’exprime ainsi essentiellement dans deux argumentations marquant la méthodologie et l’essence de la « Philosophie » en tant que discipline intellectuelle, transcendantale et indépendante.
Si l’univers ne peut être engendré à partir du néant, ou en d’autres termes, si un univers précède toujours un autre, cela conduit à un besoin incessant de causes à effet qui se crée, et chaque cause est ainsi nécessaire à une autre jusqu’à l’infini en y ajoutant quelque chose (oo + 1= oo : Infini + 1 = Infini ), la seule réponse à une telle interrogation paradoxale est l’existence d’Un Dieu Source de l’existence.
Il s’agit selon les penseurs de Ilm Alkalam, d’argument cosmologique (consolidé par l’ordre du monde, l’unicité et la perfection..) qui pose d’une manière synthétique la problématique de l’existence de l’Univers au niveau de sa cause première : Dieu !
Il faut noter que les thèses développées plus tard par les précurseurs- fondateurs de la Philosophie des Lumières en Europe, R. Descartes et Kant, confortent parfaitement les arguments développés antérieurement par les penseurs arabo-musulmans de Ilm Alkalam :

-Descartes : Dieu en tant que perfection qui ne peut être dépourvu de l’existence, puisque la non-existence est une imperfection .. Il s’agit d’établissement d’une double certitude de l’existence divine et du moi.. ),
-Alors que pour Kant, l’existence de Dieu est une nécessité morale ou modalité de la logique qui ne peut être appréhendée sur la base des seuls arguments ontologique – fondés sur la Raison - ou cosmologique –fondé sur la causalité première- ou physico-théologique –fondé sur l’ordre du monde)!
Il faut préciser qu’une telle interrogation (hautement philosophique), qui n’a été posée que par les grands penseurs de Ilm Alkalam arabo-islamique, en dehors de la pensée hellénique et avant la genèse de la philosophie des lumières, reste et demeurera définitivement gravée dans la mémoire intellectuelle humaine, comme le paroxysme de la réflexion philosophique sur l’essence et l’existence,
Nous ne voyons pas comment les orientalistes ( المستشرقون) et les ethnocentristes «occidentalocentristes», nient tout apport arabo - islamique à la connaissance philosophique universelle, puisque la première interrogation philosophique sur la question philosophique de l’existence (posée magistralement et majestueusement dans le cadre de Ilm Alkalam ) est par essence hautement philosophique ;
Même le plus célèbre des orientalistes Henri Corbin attribue au grand penseur musulman (pourtant très critique à l’égard de la philosophie) «Houjjat AlIslam» A. H. Alghazal le caractère hautement philosophique de ses réflexions. Il écrit :
«tout l’effort d’Alghazali est de démontrer aux philosophes que la démonstration philosophique ne démontre rien ; malheureusement, il est encore contraint de la démontrer précisément par une démonstration philosophique ».
Un tel apport réalisé intrinsèquement par IlmAlkalam fut consolidé par la thèse philosophique défendue par l’ensemble des penseurs musulmans ( Alkindi, Elfarabi, Avicenne, Ibn Roshd et tous les autres péripatéticiens arabo-musulmans), celle de l’unicité de la Vérité à laquelle conduit aussi bien la Raison que la Foi, contrairement à Aristote.
La thèse développée par Abou Bakr Arrazi sur les cinq « entités éternelles» (Dieu, Ame, Matière, temps, espace), en guise de critique à l’aristotélisme, marque aussi l’originalité de l’apport de la philosophie islamique, et donne prématurément un début de réponse appropriée à la problématique de l’existence de l’univers dans ses composantes, avant même la formation de la physique classique, de la physique quantique et de la physique relativiste relancée par Einstein au 20ème siècle.
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(NOTE 1) :

Il est à préciser que la méthodologie dominante de Ilm Alkalam a approfondi la pensée platonicienne du Temps et de l’existence et de l’univers, en opposition à la méthodologie aristotélicienne développée par Ibn Roshd (vision circulaire du Temps qui n’a ni début ni fin). Celle-ci sera confirmée et confortée par la Physique relativiste d’Einstein des «trous noirs» dont la force gravitationnelle résorbe tout élément céleste, y compris la lumière dans le sens du mouvement de gravitation autour de la «Kaâba(التسبيح و الطواف حول الكعبة); ainsi tout mouvement gravitationnel dans l’univers se concrétise dans le sens inverse des axes de la montre, conformément à l’orientation coranique :( 41الم تر ان الله يسبح له من في السماوات والارض"- النور- " La fin de l’Univers ou son effondrement est logiquement probable au moment de la généralisation de cette force gravitationnelle des «trous noirs» (véritables frontières entre cieux - حدود السماوات) ou de la «matière noire »!(VOIR INFRA : les grandes figures de la philosophie islamique - Ibn Roshd)
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