L'ISLAM et l'occident : A propos du concept inadéquat et illusoire du «terrorisme islamique
I- Problématique générale : à propos du caractère schizophrénique et islamophobe de la pensée politique et médiatique de l’occident
Nous formulons de prime abord une opposition ferme à l’égard du discours médiatique et politique mondialisé qui associe le «terrorisme» à l’islam à travers la campagne intoxicante soutenue et organisée autour du concept foncièrement islamophobe de «terrorisme islamique» ! Il n’existe qu’un seul terrorisme, il s’appelle «terrorisme» tout court, il n’est pas islamique, voire incompatible avec l’essence de l’islam en tant que religion et système de pensée du haut raffinement, de tolérance, de paix, d’égalité, de justice et de rapprochement entre les peuples et les civilisations.
Nous assistons à la stigmatisation de l’islam politique grâce notamment au concept opératoire de «terrorisme» qui fut inventé dans une première étape par l’entité israélienne pour dénigrer et banaliser les mouvements de résistance palestiniens, et dans une deuxième étape par les pouvoirs politiques et médiatiques américains et européens dans le cadre du programme démesuré de lutte contre ce qu’ils appellent le « terrorisme islamique international» relancé à l’occasion du coup de force historique du 11 septembre 2001.
L’amertume ressentie par les musulmans émanent des vérités qui reflètent le caractère schizophrénique et paradoxal de la pensée politique et médiatique de l’occident :
-Première vérité :
Les musulmans (ou arabo-musulmans) ne comprennent pas pourquoi les politiques et les médias de l’occident continuent de s’entêter en refusant aux autres ce qu’ils considèrent comme légitime pour eux-mêmes.Rappel historique :
les membres de la résistance contre l’occupation allemande de la France étaient majoritairement français tout simplement parce qu’ils étaient concernés par l’agression nazie en tant que français. Ils étaient taxés de «terroristes» par l’armée allemande parce qu’ils utilisaient tous les moyens de lutte contre l’occupation (y compris les actes violents de même nature que ceux utilisés par ceux qu’on considèrent aujourd’hui comme des «terroristes» en Palestine occupée, en Syrie, en Irak, en Lybie par exemple). Sauf que les combattant français étaient considérés comme des résistants (ne relevant pas du «terrorisme français»), alors que les combats menés par les arabo-musulmans sont désignés politiquement et médiatiquement comme relevant de ce qu’ils appellent le «terrorisme islamique» tout simplement parce qu’ils sont majoritairement musulmans ! Plus concrètement, les actes de violence exécutés par des musulmans relèvent du terrorisme tout court et non du «terrorisme islamique». La motivation est essentiellement politique et non religieuse, encore moins islamique !Conclusion logique :
A l’instar des combattants de la résistance contre l’occupation nazie qui étaient majoritairement français, les combattants qui résistent contre l’occupation américaine de l‘Irak ainsi que les palestiniens qui luttent contre l’occupation israélienne, sont majoritairement arabo-musulmans.La question de la résistance et de tout combat légitime est fondamentalement politique, elle est liée organiquement et juridiquement à la problématique de l’occupation, voire à toute forme d’intervention étrangère contre les droits des peuples.
Ainsi la mention de «terrorisme islamique» généralement et largement diffusée par les politiques et les médias dans le monde est inadmissible, en ce qu’elle comporte les germes de l’islamophobie fondée sur la création délibérée d’un éventuel lien entre l’islam et le «terrorisme» !
-Deuxième vérité :
Les musulmans de France ne comprennent pas pourquoi les autorités judiciaires et policières françaises décident spontanément et automatiquement de juger les coups exécutés par des personnes portant le nom arabo-musulman comme actes relevant du «terrorisme», alors que tout acte exécuté par un non musulman (d’origine européenne) est traité prudemment et prématurément comme relevant du droit pénal. Il faut préciser que dans tous les cas de figure, le déséquilibre mental de l’exécutant est toujours pris en compte dans le cadre des procédures d’identification et des enquêtes menées par les autorités policières et judiciaires quant il s’agit d’un européen, alors que qu’il n’est jamais retenu comme tel quant s’il s’agit d’acte exécuté par une personne portant le nom arabe.Troisième vérité :
Il s’agit de l’inégalité de traitement des deux questions centrales qui divisent les français, à savoir l’antisémitisme et l’islamophobie ! Malgré que l’entité israélienne comporte toutes les caractéristiques de l’apartheid (définies rigoureusement par la sociologie et la science politiques), dont la création et le caractère expansionniste de ses agissements politiques et militaires sont fondés sur une idéologie obscurantiste (projet du grand Israël, judaïsation de Jérusalem, occupation illégale des terres palestiniennes en violation des bases minimales du droit international etc.), les pouvoirs de l’occident continuent à la définir comme un «Etat démocratique» ;-Quatrième vérité :
Nous assistons en France à l’exclusion délibérée de l’islam (en tant que religion monothéiste) de la rationalité des Lumières et des valeurs de la République laïque dans un pays qui a toujours incarné les droits de l’homme et l’ouverture sur les cultures et civilisations ! Plus précisément, la laïcité (refondue, réinterprétée et redéfinie après le coup du 11 septembre 2001) fut élaborée à l’origine comme une innovation politique en ce qu’elle créât un large espace de liberté de pensée et de culte. Or il s’avère aujourd’hui que les politiques français décident curieusement de faire preuve de contre-innovation en excluant l’islam de l’espace de liberté apporté par la pensée laïque.
Avec la réhabilitation de la vielle idéologie colonialiste et ethnocentriste soudée autour de du concept de «civilisation judéo-chrétienne» tant défendue depuis l’avènement de la troisième et de la quatrième République (1905-1960), les politiques et les médias de l’occident s’engage dans un véritable et dangereux processus de falsification de l’histoire.
Plus gravement encore, nous assistons à l’intégration explicite de ce discours discriminatoire et islamophobe aux programmes extrême-droitiers et identitaires des hommes politiques français de gauche et de droite en ce début du 21ème siècle.
Avec la réhabilitation de la vielle idéologie colonialiste et ethnocentriste soudée autour de du concept de «civilisation judéo-chrétienne» tant défendue depuis l’avènement de la troisième et de la quatrième République (1905-1960), les politiques et les médias de l’occident s’engage dans un véritable et dangereux processus de falsification de l’histoire.
Plus gravement encore, nous assistons à l’intégration explicite de ce discours discriminatoire et islamophobe aux programmes extrême-droitiers et identitaires des hommes politiques français de gauche et de droite en ce début du 21ème siècle.
II- Essai d’identification des vraies racines du «terrorisme » dit «islamique» (ou des réactions démesurées d’autodéfense de l’islamisme politique intégriste) :
banalisation médiatique internationale de la question palestinienne, permanence du caractère non démocratique des régimes arabes, agressions continues israéliennes et extension des idéologies islamophobes en occident…
La genèse des réactions d’autodéfense d’obédience islamiste (reprises et définies par les médias intoxicants occidentaux en tant que formes de «terrorisme»), trouvent leur origine et leur explication dans les paramètres essentiels à caractère historique, et géopolitique suivants :-la banalisation de la question palestinienne volontairement et délibérément gérée par les politiques et les médias occidentaux sur la base de l’application du droit international fondée sur le dogme illogique, inacceptable et inadmissible de «deux poids deux mesures», en faveur de l’entité occupante israélienne, qui s’ajoute à la couverture médiatique hypocrite occidentale des agissements expansionnistes israéliens ( judaïsation de Jérusalem - تهويد القدس- et agressions barbares contre la bande de Gaza transformée en plus grande prison de l’histoire humaine pour 1,9 million de palestiniens ;
-la campagne médiatique intoxicante islamophobe internationale orchestrée en Europe ( montée de la xénophobie et de l’intégrisme laïciste totalitaire anti-islam, restriction des libertés autour du foular et de la construction des mosquées, marginalisation des jeunes immigrés etc..) et aux Etats Unis ( campagne médiatique islamophobe et mesures sécuritaires à caractère totalitaire contre le «terrorisme islamique» depuis le coup du 11 septembre 2001 etc.) ;
-L’invasion militaire barbare américaine de l’Irak et de l’Afghanistan, ayant généré des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et de déshérités, la destruction du patrimoine culturel et économique d’un pays souverain, le financement et l’encadrement des milices privées en Irak et des organisations intégristes intolérantes en Syrie pour créer les discordes ( الفتن) et des divisions (الانقسامات) d’ordre confessionnel – حروب الطوائف- ( entre shiites, sunnites, kurdes etc.) ;
*A ces paramètres externes, s’ajoutent les facteurs politiques internes propres aux régimes non démocratiques arabes, à savoir :
*Impossible construction de la démocratie au sein des régimes politiques aristocratiques arabes en raison de leur caractère théocratique et aristocratique et hautement sécuritaire;
*Création par ces régimes non démocratiques et aristocratiques des obstacles politiques et sécuritaires à tout projet visant à unifier la Communauté arabo-islamique ou à créer une Union Interarabe ( à l’instar de la Communauté européenne..)
*Maintien et reproduction des inégalités économiques et sociales qui se combinent à l’ignorance et à la marginalisation dont souffre la majorité de la population arabe ;
*Non maitrise des Sciences et des technologies modernes bloquant toute perspective d’accès de la jeunesse à la formation rationnelle, aux modes de gestion de compétence et à la modernité ;
*Alliance entre les monarchies arabes et Israël pour combattre l’islam politique modéré et le shiisme, engageant le monde arabo-islamique dans la voie des divisions à caractère confessionnel qui généreraient irrémédiablement une nouvelle grande dissension ( الفتنة الكبرى الجديدة) et le risque réel d’éclatement et de démantèlement du moyen orient !
*L’ensemble de ces paramètres ( d’ordre politique et économique) internes et externes, se conjuguent aux implications politiques gravissimes des différentes interprétations déviationnistes du Texte (position intégriste), sans étude rigoureuse des fondements universels de justice et de tolérance (issus du Coran, des enseignements prophétiques et des principes de gouvernance hérités des Khalifes «bien guidés») et sans appréciation objective des méthodologies de pensée de la Renaissance ( Afghani, Abdou, Alkawikibi..) susceptibles de permettre d’élaborer d’ambitieux modèles de développement et de Renaissance de la Communauté arabo- islamique, en dehors des obscurantismes, des dogmatismes et des intégrismes ! .
Il faut préciser que parallèlement à la montée de l’intégrisme islamique qui trouve dans le slogan ultraconservateur de l’«islam est la solution» - الاسلام هو الحل- (sans ouverture sur les cultures et les Sciences )une sorte de panacée à tous les maux dont souffre les sociétés arabo-islamiques (intégrisme issu de la radicalisation des orientations théologiques de H. Elbenna et de S. Kotb), il faut incomber aussi la responsabilité de la montée du «terrorisme» et de la banalisation médiatique et politique de la question palestinienne aux organisations radicales palestiniennes(telle que «Septembre Noir»(1)) qui avaient combiné l’idéologie de la terreur et le recours aux actes spectaculaires ( détournement d’avions, prises d’otage etc.).
De telles actions ont fait en réalité le jeu de l’intelligentsia sioniste mondiale et du Mossad israélien tout au long de la deuxième moitié du 20ème siècle.
Quant aux autres organisations révolutionnaires bien structurées (FPLP-Front Populaire de Libération de la Palestine de Georges Habach, FDPLP-Front Démocratique Populaire de Libération de la Palestine de Nayaf Hawatmeh, la Foudre –الصاعقة-, Front de Libération Arabe, Front Populaire de Libération-Commandement Général d’Ahmed Jibril, etc.) qui furent progressivement intégrées à l’OLP, elles ont fini par céder progressivement la place aux deux mouvements modérés palestiniens, à savoir le Mouvement Elfath dirigé aujourd’hui par Mahmoud Aâbbas en tant que Président de l’Autorité Palestinienne (installée en Cisjordanie) d’un côté, et les mouvements de résistance dotés de branches armées qui défient en permanence Israël (Hamas et Jihad Al’Islami installés à Gaza) de l’autre.
Tous les efforts diplomatiques déployés par Yassir Arafat (fondateur et président de l’OLP ), n’ont pas suffi à remédier à cette dégradation de l’image et du statut de la question palestinienne dans le processus de légitimation et de reconnaissance internationales des mouvements de libération tout au long de la deuxième moitié du siècle dernier ! Alors que les dirigeants israéliens profitèrent des divisions inter-palestiniennes pour poursuivre leur politique de colonisation systématique et d’agression jusqu’à l’arrivée du président américain le plus mou , le plus faible et le moins ferme vis-à-vis du lobby sioniste ( Obama ). Les raisons du blocage de la résolution de la question palestinienne au cours du mandat d’Obama se résument dans l’appréciation juste et équitable de son ex-envoyé spécial au moyen orient :
Georges Mitchel : «Le programme de colonisation est l’obstacle à toute solution de négociation israélo-palestinienne..G.W.Bush était plus ferme sur ce dossier qu’Obama, il avait même réduit l’aide financière américaine apportée à Israël (chiffrée à plus de 300 milliards de dollars annuellement), alors qu’Obama l’a augmentée de 200 millions de dollars, et ce, sans obtenir des israéliens la moindre concession en matière de politique de colonisation ! Malgré l’indiscipline du premier ministre israélien Natanyahou et le non respect des recommandations américaines, Obama a continué de faire l’éloge de la sécurité d’Israël et perdit ainsi toute crédibilité auprès des palestiniens qui avaient l’honnêteté d’engager de sérieuses négociations après l’arrêt de la colonisation »! (sans commentaires)
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