(TITRE I suite 2) : Le recensement des critères d’incompétence au centre du pouvoir politique du Maroc contemporain (TITRE II): la non maîtrise des paradigmes de développement durable
Les paradigmes de développement durable échappent tragiquement et continuellement aux élites dirigeantes du pays
Notre appréciation-sanction des compétences (voire des incompétences) des élites politiques marocaines est fondée sur les paradigmes sociopolitiques de développement suivants:
-Premier paradigme : Une nation ne peut s’inscrire dans la perspective de développement durable, du progrès et du bien-être sans assurer sa «transition effective de l’hérédité aristocratique à l’hérédité de mérite (de compétence) » ! Il s’agit dans le cas du Maroc de ce début du 21ème siècle de la mise à l’écart systématique du critère universel de compétence pour le compte du système obscurantiste hérité des deux grandes périodes historiques :
dynastique (hérédité de type familial et féodale engendrant la généralisation du clientélisme à tous les niveaux sociaux et économique du pays) et coloniale(soumission de l’ensemble des citoyens et des cadres de la nation à la hiérarchie pyramidale rétrograde issue de la colonisation).
L’exemple de la France est hautement significatif à ce sujet :
L’ambition de Bonaparte d’assurer la «transition effective de l’hérédité aristocratique à l’hérédité de mérite (de compétence) », fut réalisée grâce au rôle primordial des élites dirigeantes issues des Grandes Ecoles (ENA, Ecole Polytechnique, Sciences po. Etc.).
-Deuxième paradigme qui permet malheureusement de sanctionner les élites dirigeantes de la société politique marocaine, nous l’avons repéré dans la symbiose méthodologique d’Ibn Khaldoun/Machiavel résumé avec excellence par Machiavel lui-même, à savoir que: «Tout Etat atteint de corruption …ne peut plus être sauvé même si on lui donne les meilleures lois et la Constitution la plus rationnelle» !
En effet, la modernisation de façade qui a profité jusqu’ici aux seules élites dominantes ralliées aux lobbys économiques, financiers et commerciaux engendra progressivement depuis l’«indépendance» une généralisation de la corruption (devenue une culture enracinée dans les esprits des acteurs politiques et sociaux : partis politiques, représentants de la société civile, agents de l’administration, élus nationaux et locaux etc.) en tant que «culture» de substitution à l’esprit civique.
-Troisième paradigme : En plus de la prééminence des hérédités passéistes (féodale et coloniale) sur la compétence (premier paradigme) et de l’enracinement de la culture de la corruption au détriment de l’esprit civique ( deuxième paradigme), nous avons à relever une déficience gravissime de l’Etat de droit combinée à une prohibition absolue de la liberté d’expression au double niveau politique ( prééminence de la raison d’Etat sur la liberté de manifester et de critiquer le pouvoir charismatique) et théologique (contrôle systématique du champ religieux ou prééminence obligatoire de l’islam officiel ) .
Un quatrième paradigme issue de la mentalité et de la nature de la formation des élites dirigeantes du pays est à l’origine du sous-développement économique et de l’immobilisme politique : le prise en compte du critère de la rentabilité en matière des choix de projets au lieu des paramètres modernes de développement durable telle que la nécessité posée dans les pays émergents du transfert et de la maitrise des nouvelles technologies, qui se combine au critère clientéliste retenu par le centre de pouvoir makhzénien pour affecter les fils de riches à des postes clés de la gestion économique et administrative du pays.
De plus, la complexification des procédures juridiques et administratives, la reproduction et la consolidation de l’Etat sécuritaire et le rétrécissement de plus en plus grave du droit de défense face aux agents de l’Etat, compliquent gravement la vie du citoyen marocain qui ressent une insatisfaction réelle vis-à-vis de sa communauté et de ses gouvernants( Le taux de satisfaction du marocain vis-à-vis de la communauté et de ses gouvernants – IDH- suivant l’évaluation du Programme des Nations Unies pour le Développement –PNUD est inférieur au taux retenu comme IDH faible classant ainsi le Maroc au 123ème rang mondial, soit :
-IDH théorique très élevé : 85,9%-
-IDH théorique élevé : 79,9%
-IDH théorique moyen : 76,1%
-IDH théorique faible : 72,2% = Maroc : 69%