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vendredi 1 mai 2020
jeudi 30 avril 2020
Histoire, culture et langue amazighes : BIBLIOGRAPHIE essentielle et générale
I- SITES ET ESPACES INTERNET (documents Google et sites privés)
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II- Bibliographie générale
· Salem CHAKER,
- « Berbères aujourd’hui » - L’Harmattan, Paris, 1989.
- Linguistique berbère, étude et syntaxe de diachronie – Paris Louvain 1995
- Textes en linguistique berbère (introduction au domaine berbère) – Editions du CNRS 1984
* Mohamed Chafik :
- « Aperçu sur trente-trois siècles d’histoire des Amazighs », 1989, Alkalam, Mohammedia.
- [al-Muʿjam al-ʿArabi al-Amazighi (المعجم العربيّ الأمازيغيّ )= « Dictionnaire arabe-amazighe », tome 1 (1990), tome 2 (1996), tome 3 (1999), Académie royale du Maroc.
- «Pensées sous-développées», 1972, Librairie-papeterie des écoles, Rabat.
- «Pour un maghreb d’abord maghrébin» : centre Tarik Ibn Zyad – Rabat 2000
· Encycloplédie berbère, Edisud, Aix-en-Provence.
· Annuaire de l’Afrique du Nord, Aix-en-Provence.
· *Bibliographie : grammaire amazighe, ou comment écrire en amazigh :
1-) Fatima Sadiqi : «Grammaire du berbère» – Editions L’Harmattan – 2000
2-) Michel Quitout : «Grammaire berbère, Rifain, Tamazight, Chleuh, Kabyle» - Editions L’Harmattan – 1997
3-) Mohamed Chafik :
*« Quarante-quatre leçons en langue amazighe »,
1991, Édition arabo-africaine, Rabat.
* « Le dialecte marocain : un domaine de contacte
entre l’amazigh et l’arabe », 1999, publication de
l’Académie marocaine, Rabat.
* «La langue tamazight et sa structure linguistique»,
2000, Le Fennec, Rabat.
4-) Mokrane Chemim : « Essai de grammaire
berbère »- L’Harmattan -2018
5-)Gaya Hamimi : Grammaire et conjugaison amazigh - Broché – 1 janvier 1997
6-) Lahcen Oulhaj : « Grammaire du Tamazight, éléments pour une stardisation» - 2007- Centre Tarik
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• Ibn Khaldoun. « Histoire des Berbères » (Editions Geuthner 1999). Un livre monumental de l'historien maghrébin et une référence indispensable.
*Maurice Dray : «Dictionnaire berbère-français », dialecte des Ntifa- L’Harmattan – 2001
* Mohamed Akli Haddadou : «Le guide de la culture amazighe»- Editeur : France-Méditerranée - 2002
* Mokrane Chemim : «Dictionnaire français-tamazigh / Tamazigh-français»- L’Harmattan – 2018
• Gabriel Camps. « Les Berbères : mémoire et identité » (Actes Sud 2007). Livre classique, Simple, rigoureux et érudit.
• Henri Terrasse : « Histoire du Maroc » (Frontispice 2005). .
• Abdellah Laroui : « Mojamal Tarikh Al Maghrib » (Centre culturel arabe 2007). Dans la partie sur l'histoire du Maroc avant l'islam : une critique sévère de l’idéologie colonialiste sur la question berbère
• Charles-André Julien. « Histoire de l'Afrique du Nord »- (Payot 1994). Une incontournable référence sur le Maghreb écrit par un grand historien.
• Michel Abitbol. « Histoire du Maroc (Perrin 2009). Didactique, intègre une analyse de l'histoire juive du Maroc ».
· Michel Rivrain : « Les Berbères et leur histoire en quelques pages: Une civilisation censurée » –Broché 2015
· François Decret, Mhamed Fantar : « L’Afrique du nord dans l’histoire : Des origines au V siècle »
Edition : Payot - Année : 1981
· Youcef Zirem : « HISTOIRE DE KABYLIE » – Poche - avril 2013
· Le Guen, Laurence et Raphaële Lennoz : «Kahina, reine des Berbères» - Broché – 2019
· Gisèle Halimi : «la Kahina» – POCKET 2009
· Henri Brasset : «La culture des grottes au Maroc» – Editions du Jasmin 2004
· Eric Fottorino : “Berbères” – chez Phillipe Rey 2012
· Cedric Liano : “Amazigh” - Steinkis Editions 2014
· Chérif Arbouz : «Ecrire l’Amazigh, Vers une langue et une grammaire unifiées»- Editions Upblisher – mai 2016
· Malika Halbaoui : «Contes berbères» – Seuil 2016
· Makilam : «Signes et rituels magiques des femmes kabyles» - Broché 2011
· Tassadat Yacine et Mouloud Mammeri : «Ethnologie berbère» – Broché 2019
· Lucienne Brousse : « Beauté et identité féminine : les tatouages féminins berbères des régions de Biskra et de Touggourt » - Editions Dar Khettab 2015
· Bernard Lugan :
1°) «Histoire du Maroc» (Perrin 2000).
2°) «Histoire des Berbères, des origines à nos jours. Un combat identitaire plurimillénaire» – Broché 2016.
3°) «Histoire de l'Afrique des origines à nos jours»- Broché – 28 janvier 2009
Bibliographie Mohamed ben Abdelkrim Alkhattabi
· Pierre Dumas, «Abd-el-krim», Éditions du bon plaisir, 1927, Toulouse
· Abdelkrim, Mémoires d'Abd el Krim, recueillis par J. Roger-Mathieu, Librairie des Champs Élysées, Paris, 1927, 244 p.
Mimoun Charqi, -«L'Émir guérillero», Collection Histoire et lectures politiques, Rabat, 2003
- «Armes chimiques de destruction massive sur le Rif» –Histoire et Lectures Politiques-
· ŒUVRES DE MEHDI BENCHABANE
- «Abdelkrim al Khattabi et la guerre du Rif -1882-1963»
- «L'Emir abdelkader face à la conquete française de l'Algérie» –Librairie CHAPITRE
- «L'épopée sanglante des rebelles du Rif marocain. La révolution d'Abdelkrim. Zakya Daoud: Abdelkrim. Une épopée d'or et de sang». Paris
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mercredi 29 avril 2020
Estimation et répartition des populations amazighes dans le monde
«Amazighophones» (Estimation)
(ceux qui ont Tamazikht pour langue maternelle)
- Maroc ≈ 19 000 000 · Algérie ≈ 15 000 000
· Tunisie ≈ 150 000
· Niger ≈ 860 000
· Mali ≈ 407 000
· Mauritanie+Sénégal as) ≈ 3 000
· Libye ≈ 330 000
· Égypte · ≈ 30 000
· Burkina Faso · ≈ 50 000
- Europe + divers pays ≈ 2 100 000
· États-Unis · ≈ 40 000
· Canada · ≈ 30 000
· Population totale ≈ 38 000 000
----------------------------------------------------------------------Remarques préalables à propos de la population globale des groupes ethniques amazighs.
La détermination exacte des populations totales est complexe, en raison de la formation progressive des liens de sans entre populations arabes et populations amazighes tout au long de la domination islamo-arabe, à savoir :* Première remarque : Les chiffres fournis ci-après ne reflètent pas la réalité des populations amazighones dans leur ensemble. Ils correspondent uniquement aux «amazighophones» qui ont Tamazight comme langue maternelle ;
* Deuxième remarque : Si nous prenons en compte le processus historique de l’«arabisation» d’une partie des populations (ou tribus) amazighes (exemple des Doukkala et des Jbalas), tels qu’ils furent décrits avec rigueur par Ibn Khaldoun, la population totale amazighe serait beaucoup plus importante que celle qui est établie sur la base des recensements effectués par le Haut Commissariat au Plan, d’autant plus, que les populations arabes qui débarquèrent en Afrique du Nord (majoritairement hilaliens) au début de la conquête arabo-islamique, étaient insignifiantes par rapport à l’ensemble des Amazighs (détenteurs réels et historiques du territoire – اهل الارض الحفيفيون-)
* Troisième remarque : En raison de l’exclusion de Tamazight des programmes d’enseignement depuis l’indépendance, une grande partie de jeunes se contentèrent de l’usage de la langue et du dialecte arabes et se trouvent définitivement privés de leur langue maternelle amazighe.
CONSEQUENCES : Compte tenu de ces paramètres historiques, la proportion des «amazighophones» serait de 85 à 90 % de la population totale au Maroc et de 50% en Algérie.
On peut estimer la population berbère arabisée au Maghreb à la moitié de la population restante au Maroc qui n’a pas gardé tamazight comme langue maternelle (8 millions), à un tiers en Algérie (7 millions) et à un cinquième en Tunisie et en Libye (500 000), dans le reste du monde (un million) et dans les pays du Sahel-Touareg (700 000), soit un complément de 17 200 500 qui s’ajoutent aux 38 millions ayant gardé tamazight comme langue maternelle. D’où un total minimal et approximatif des amazighophones dans le monde de 55 200 000 environ.
*Quatrième remarque : Il est à rappeler que sur le plan scientifique (sans conséquences idéologiques), les chercheurs de la génétique (généalogie et ADN des ancêtres) qui envisagent de retracer l’histoire des migrations des ancêtres amazighs, sont arrivés à identifier ce qu’ils appellent les «haplogroupes du chromosome Y» des Maghrébins à savoir, le «marqueur berbère E1b1b1b» et le « marqueur arabe J1 » au sein de la population du Maghreb qui leur permettent d’établir les conclusions suivantes :
*-« Des datations au carbone 14 sur d’anciens fossiles, des tests génétiques sur les populations modernes, mais aussi sur des ossements, et enfin des études comparatives entre la langue berbère avec les autres langues sont les moyens utilisés. Ces études génétiques ainsi que les écrits d’historiens tels que Gabriel Camps et Charles-André Julien tendent à prouver que les Nord-Africains actuels (arabophones comme berbérophones) descendent majoritairement des Berbères.
* les deux marqueurs englobent environ 80% de la population du Maghreb, soit 60% d’ascendance berbère et à 20% d’ascendance arabe du côté paternel ;
* Du côte maternel (ADNmt), le Maghrébin est à 50% d’ascendances diverses.
* Dans certaines parties isolées du Maghreb, la fréquence du «marqueur berbère E1b1b1b» atteint 100 % de la population.
dimanche 26 avril 2020
VOCABULAIRE AMAZIGH ET GESTION DES TEMPS (TITRE III)
- VOCABULAIRE ET GESTION DES TEMPS AMAZIGHS : Saisons, mois et semaines
1-Par rapport au calendrier julien
JanvierYenyur
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Février
Senyur
--------------------
Mars
Krayur
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Avril
Kuzyur
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Mai
Semyur
--------------------
Juin
Sedyur
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Juillet
Sayur
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Aout
Tamyur
------------------
Septembre
Tzayur
------------------
Octobre
Mrayur
------------------
Novembre
Yamrayur
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Décembre
Meggyur
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2-Interférence avec le calendrier luni-solaire hégire
Moharram- هحرم
TaEcurt-------------------
Safer
- صفر
Imtfer ntayurt
-------------------
Rabiî Awal
- ربيع الاول
Tirwayin
-------------------
Rabïi atani
-ربيع الثااني
Imtfer ntawayin
--------------------
Joumadi al’oula
-جمادي الاولى
Ateffas izwaren
---------------------
Joumadi Thanya
-جمادي الثانية
Ateffas wis-un
---------------------
Rajeb-
رجب
Win igurramen
Twissarin
----------------------
Chaâbane
شعبان-
Taletyurte
-----------------------
Ramadan
رمضان-
Sh-har nuzum
------------------------
Chouwal
شوال-
Tfaska tameshkunt
------------------------
DhouAlkiâda-
ذو القعدة
Laeyad
ajarnasneth
------------------------
Dhou Alhijja-
ذو الحجة
Tafaska
Ifaska tameyaat
------------------------
3-Les saisons agricoles :
HiverTagrest
--------------------
Printemps
Tafsut
--------------------
Eté
Anebdou
Iwilem
---------------------
Automne
Amewan
Weggiben
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4- Jours de la semaine suivant l'Académie berbère
Lundi
Arim
-----------------------
Mardi
Aram
-----------------------
Mercredi
Ahad
----------------------
Jeudi
Amhad
---------------------
Vendredi
Sem
--------------------
Samedi
Sed
---------------------
Dimanche
Acer
---------------------
.5- Mois berbères tirés d’œuvres médiévales (Vandem Boogert)
1-Tayurt tamezwarut : Première lune2-Tayurt tenggurut : dernière lune
3-Yardut : -
4- Sinwa : -
5- Tasra tamezwarut : premier gardiennage du
troupeau
6- Tsra tenggurut : dernier gardiennage du
troupeau
7- Awdayeyat yemzwaren : premiers antilopins
8- Awdayeyat engguran : derniers antilopins
9- Awzimet yemzwaren : premiers petits de
la gazelle
10- Awzimet engguran : derniers petits de
la gazelle
11- Ayssi : -
12- Nim : -
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la gestion du temps amazigh, un volet culturel et historique du patrimoine (TITRE II)
Origine et évolution du calendrier amazigh
1°) Pourquoi fête-t-on le jour de l’an berbère un «yennayer» - 12 janvier ?-
Dans une première étape, la datation en mois lunaires avait subi une modification en l’an 708 au temps de Rome de Jules César qui avait harmonisé le calendrier lunaire par rapport au cycle solaire donnant ainsi naissance au calendrier Julien avec une année de 365 jours + 1/4.Dans un deuxième temps, le pape Grégoire XIII (qui remarque un retard cumulé de 10 jours) apporte en 1592 une modification et décide à partir du jeudi 4 octobre 1582 de passer au vendredi 15 octobre de la même année, donnant définitivement naissance au calendrier julien.
2°) Abandon délibéré et injustifié du calendrier luni-solaire amazigh et adoption de la philosophie romaine de la gestion des temps :
Il est à préciser que le mot «Yennayer» revoit au mois de janvier qui vient du terme romain «januarius» retenu par référence au «dieu romain des commencements et des fins», alors que les onze autres mois de l’année portent des noms latins.Ce qui est paradoxal, est que les instigateurs de ce «calendrier berbère» qui ont retenu le mois de janvier en référence à "Ianiarius" romain qui fut un mois dédié au dieu Janus qui symbolise le renouveau tout en exprimant la fête du Nouvel An romain, ne nous ont pas éclairé sur les raisons qui ont poussé les peuples berbères à abandonner le calendrier luni-solaire datant de l’antiquité, alors qu’ils détenaient l’écriture leur permettant de l’élaborer.
Au lieu de se référer au terme amazigh «yen-n-yur» qui veut dire premier jour de la lune, ils ont délibérément tourné le dos au calendrier luni-solaire islamique dit hégire (combinant le cycle annuel du Soleil et le cycle régulier des phases de la Lune avec une prise en considération des cycles de saisons agricoles par rapport au cycle solaire. A ce niveau problématique, le sentiment «arabophobe» voire islamophobe (par référence mécanique et non méthodologique aux effets dévastateurs de l’«invasion arabe» sur la culture berbère» au Maghreb) chez les instigateurs modernes du calendrier berbère (en l’occurrence les fondateurs kabyles de l’Académie Berbère et les organisateurs maghrébins du CMA – Congrès Mondial Amazigh-) l’a emporté sur l’objectivité et les normes de recherches historiques posant la nécessité de sauvegarder la spécificité de la culture amazighe.
3°) L’ignorance affichée et la négation du modèle de calendrier luni-solaire amazigh des dirigeants berbères Almohades
En l’absence totale de traces de transmission depuis l’antiquité, la présence actuelle du calendrier julien partout en Afrique du Nord revient aux agronomes andalous au temps des Almoravides et des Almohades qui ont préféré reprendre le calendrier solaire julien, car ils savaient qu’il était mieux adapté à l’agriculture que le calendrier lunaire musulman comportant 12 mois sacrés de 29 ou 30 jours, d’autant plus qu’il n’est pas admis du point de vue de la Sunna d’ajouter des jours supplémentaires pour rattraper l’année solaire puisque partout l’élaboration d’un calendrier a été d’origine religieuse (calendrier hébraïque, calendrier grégorien, calendrier hégire)Autre proposition :
Les instigateurs du «calendrier berbère» aurait dû s’inspirer du modèle de calendrier luni-solaire (fondé à la fois sur le cycle annuel du Soleil et sur le cycle régulier des phases de la Lune qui permet en même temps de créer une correspondance logique entre cycle des saisons celui des mois). Le calendrier luni-solaire (à l’instar des calendriers des arabo-musulmans dit hégire, des anciens Hébreux et de la Chine impériale) est parfaitement adapté à la mobilité et à la célébration des dates des fêtes religieuses ou traditionnelles.4°) Rappels des faits historiques antérieurs au choix de la datation du point de départ du calendrier amazigh :
* Liens anciennement établis de l’histoire amazighe avec la culture capsienne :Il faut préciser que les grands spécialistes de l’antiquité, considèrent (grâce aux importantes œuvres d’art et traces archéologiques) que l’histoire des Amazighs démarre dans le cadre du développement de la culture capsienne qui s’étalait sur la longue période ( – 10000 à – 4000 ans avant J. C.), puisque des analogies significatives ont été relevées et établies entre les motifs artistiques de la culture berbère et les peintures et gravures capsiennes retrouvées principalement au Sahara maghrébin.
* Confrontations avec l’Egypte des pharaons : Les dirigeants de l’Egypte se sont heurtés aux populations amazighes depuis 3000 ans avant J. C. qui leur donnaient le nom des «Libou» ou Lybiens. Pour protéger le pays des assauts des Berbères, le pharaon Thoutmosis III (16ème siècle avant J.C) avait édifié des forteresses tout au long des côtes jusqu'à l'ouest du Nil. Elles seront renforcées par Ramsès II même s’il avait réussi à intégrer une partie de leur population dans son armée.
Au cours du règne du pharaon Mineptah (1224-1214 avant J.C), le Libyen Meghiey, fils de Ded, de la tribu des Lebu réussit dans une première étape à envahir la partie Nord-Ouest de l’Egypte pharaonique grâce à l’engagement des guerriers au nombre de 25.000 avant d’être refoulé et chassé du pays vers le désert.
L'Egypte échappait à la «libyanisation» qui aurait changé son histoire au temps de Ramsès III (1198-1166 avant J.C) avec l’invasion des Lybiens qui étaient menés par Mesher, fils de Kaper. La guerre se solda finalement par la défaite des Libyens et de leurs alliés ;
Malgré ces défaites, les invasions libyennes se poursuivirent tout au long des siècles.
Il fallait attendre l’an 945-950 avant J .C (date mentionnée dans la Bible sous le nom de Sesaq ou Shishak qui aura comme successeur Osorkon 1er) pour qu’un membre de la tribu Mashawash arrive à envahir l’Egypte pour s’ériger ensuite en pharaon, sous le nom de Sheshonq 1er en fondant la première dynastie d'Egypte dirigée par un chef militaire d'origine berbère. Il fut intronisé dans les terres du Delta du Nil en Egypte où il fonda la XXIIe dynastie avec comme capitale Boubastis. Sheshonq avait surtout réussi à unifier l'Egypte avant d’envahir la Palestine et s'emparer des trésors du temple de Salomon à Jérusalem suivant certains historiens de l’antiquité.
Il s’agit tout d’abord d’un choix arbitraire, en ce sens qu’il fait table rase de l’histoire berbère plus ancienne ( – 10000 à – 4000 ans avant J. C.) antérieure à cette date en tant que tribus «Libou» comme nous l’avons évoqué en haut avec les tentatives d’envahir l’Egypte pharaonique qui furent menées par des différents dirigeants berbères (Meghiey en tant que contemporain du Prophète Moïs –سيدنا موسى - vers 1200 avant J.C. ; Mesher vers 1180 avant J. C. entre autres). Selon Mohamed Chafik (NOTE 2), le peuple amazigh vit sur la terre d’Afrique depuis 9000 ans et porte depuis plus de 3000 ans le nom authentique d’Imazighen (les hommes libres).
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NOTES
(NOTE1) : la datation de la célébration du jour de l’an amazigh fut d’abord une proposition de Ammar Negadi, un militant de la cause berbère avant son adoption officielle par le CMA –Congrès Mondial Amazigh. Après son exil en France, il adhère à l’académie berbère dont il devient l’un des membres. Sur la base de nombreuses recherches, il choisit l’an 950 avant Jésus-Christ qui correspond à la date où le roi berbère Sheshonq Ier(ou Chachnaq) pour trouver la date zéro de son calendrier. Fondateur de l’Union du peuple amazigh –UPA- (Tediut n’Aghrif Amazigh) en 1978 et auteur de nombreux écrits sur l’Aurès et sur la culture berbère, il est considéré comme le créateur du calendrier berbère.
(NOTE 2) : Mohamed Chafik : Membre de l’Académie royale du Maroc, ancien recteur de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM). Spécialiste de la langue et de la littérature arabe et berbère, il est l'une des grandes personnalités du mouvement culturel berbère. Œuvre principale sur l’histoire et la culture amazighes :
-Aperçu sur 33 siècles d’histoire des Amazighs, Alkalam, mohammedia -1989.
-Autre publication : Pour un Maghreb d'abord maghrébin, Centre Tarik Ibn Zyad -2000
(Voir la BIBLIOGRAPHIE en ANNEXE DU de notre ouvrage "le guide amazigh....")
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La gestion du temps amazigh, un volet du patrimoine riche et contesté (TITRE I)
Le gestion du temps amazigh, un volet du patrimoine culturel et historique (origine et évolution)
- La reconnaissance précipitée et équivoque du «calendrier berbère» : A propos de la célébration du nouvel an berbère «Yennayer» (aqerru useggas), le 12-14 janvier de l’année grégorienne1°)Présentation de la problématique générale :
Sans chercher à provoquer la polémique autour de la problématique politicienne en vogue centrée sur les implications politiques des effets dévastateurs de «l’invasion arabe» sur la civilisation berbère au Maghreb, je dirai en tant que défenseur de la culture amazighe et convaincu de la nécessité de reconstruire et de réhabiliter les fondements de cette culture hautement raffinée et riche en histoire, que les instigateurs du calendrier berbère (NOTE 1) qui ont décidé arbitrairement de se contenter des modifications apportées par les romains à leur modèle de gestion du temps pour retenir finalement la célébration du nouvel an «Yennayer», le 12 janvier de l’année grégorienne, n’ont pas fait preuve d’innovation pour préserver la spécificité et l’originalité de la culture amazighe.Il faut rappeler que la datation de la célébration du jour de l’an amazigh fut d’abord une proposition très récente (1978) de Ammar Negad (en tant qu'adhérent à l'Académie Berbère de Paris et militant de la cause berbère) avant son adoption officielle par le CMA –Congrès Mondial Amazigh. Sur la base de nombreuses recherches, il choisit l’an 950 avant Jésus-Christ (qui correspond à la date d’occupation de l’Egypte et de la Palestine par le dirigeant berbère Sheshonq 1e ou Chachnaq) comme datation du point de départ (date zéro) de son calendrier.
2°) Le caractère arbitraire du choix de la datation du point de départ du calendrier berbère (la «vérité historique» sacrifiée au nom de l’unité des Amazighs) :
Nous devons préciser de prime abord que malgré nos critiques formulées à l'égard des décisions précipitées (que nous considérons comme étant méthodologiquement et historiquement non fondées) relatives au calendrier berbère (débutant avec l'accès au pouvoir de Sheshonq 1er vers 545 avant J. C. en Egypte pharaonique) et à la célébration du jour de l'an ("Yennayer" au 12 janvier), il est de notre devoir d'apporter notre soutien à ces grandes décisions majeures à partir du moment où les choix unanimes adoptés par l'Académie Berbère et le CMA -Congrès Mondial Amazigh- permet d'assurer l'unité des peuples Amazighs (dans le monde et au Maghreb) autour d'une nouvelle vision de la gestion du temps qui leur est propre.Les principes scientifiques et éthiques au fondement de la recherche académique nous obligent à rétablir les « vérités historiques» en dépassement de tout arrangement d’ordre politique.
Sur cette base (datation du point de départ du calendrier berbère en référence au pouvoir de Sheshonq 1er vers 545 avant J. C), les instigateurs de cette innovation (voire de la contre-innovation) ont tout simplement adopté la solution facile en enregistrant 12 jours de plus par rapport au calendrier grégorien universel d’aujourd’hui. Ils acceptent ainsi le principe gravissime qui fait de la gestion des temps amazighs hautement symboliques (ou calendrier amazigh) une simple donnée historique fondamentalement dépendante de la civilisation romaine. Comme nous le verrons plus loin, la transcription Tifinaghe subira les mêmes arrangements artificiels au sein de l’Académie Berbère de Paris avant leur adoption par le CMA et l’IRCAM.
Quant au choix arbitraire de l'année de prise du pouvoir en Egypte par Sheshonq 1er qui a été définitivement admise comme point de départ du calendrier berbère, nous devons affirmer sans détour que la nature du pouvoir politique et militaire ainsi que les raisons et les objectifs qui avaient été fixés pour cette conquête du moyen orient inscrite dans la durée n'ont aucun lien logique et organique avec la culture berbère et ce, pour les raisons suivantes :
-Sheshonq 1er avait occupé la Palestine pour s'emparer des richesses du pays et s'installer pour longtemps sans intégrer le territoire occupé à une éventuelle entité politique du Maghreb dont il fut issu, ce qui est contraire à la vision berbère du bon voisinage propre à l'histoire du peuple berbère;
-Il s'est érigé en pharaon qui fut depuis l'origine une sorte de Dieu-vivant, ce qui constitue une véritable antithèse de la conception du pouvoir berbère fondée sur la démocratie locale, la propriété collective des terres, la gestion communautaire des biens communs etc.
-L'occupation de l'Egypte et de la Palestine par ce dirigeant avait permis d'instaurer dans la continuité un régime politique et militaire hautement despotique et esclavagiste sans aucun effet positif sur l'évolution de la vie du peuple berbère de l'Afrique du nord. Sauf des dynasties pharaoniques non dotées de visions de développement pour les gouvernés, succédèrent à ce régime obscurantiste, à commencer par le successeur de Sheshonq 1er (Osorkon 1e) jusqu'à l'époque de la reine Cléopâtre (règne de 51 à 30 avant J. C.)
- Sheshonq 1er qui avait décidé de s’ériger en pharaon, a tourné le dos au peuple amazigh et a omis délibérément de faire profiter les peuples amazighs nord africains des connaissances et des acquis des civilisations du moyen orient et de l’Egypte. Nous ne voyons pas ce qui justifie la valorisation et la vénération de ce personnage obscurantiste et despotique pour qu’il soit retenu comme une référence historique de la datation du point de départ du calendrier amazigh. Pire encore, ce dirigeant militaire ne jouissait d’aucune vertu spirituelle, morale ou philosophique (à l’instar de ce que furent les fondateurs des religions monothéistes ou asiatiques) susceptible d’être retenue comme un élément de légitimation d’un tel statut honorifique.
- A tire de comparaison avec les rois berbères, Massissina jouissait des vertus morales et politiques indéniables qui sont rapportées et reconnues par tous les historiens des peuples de l’Afrique du nord amazigh. Il mérite à notre avis d’être retenu comme une référence historique pour la datation du départ du calendrier berbère (soit 202 avant J.C.).
Rappel : Massissina ( - Masnsen), (206/-148, mort à 110 ans). Fondateur du royaume de Numidie, il est le plus célèbre roi amazigh de l’antiquité. Il régna pendant 54 ans (de -202 à -149 avant J.C.). Tout en étant le roi de la Numidie unifiée, il est considéré unanimement par les historiens de l’antiquité comme le PREMIER UNIFICATEUR DU GRAND MAGHREB AMAZIGH après avoir chassé les Romains de l’ensemble du territoire de Tamazgha, imposé un embargo durable et total sur le pouvoir carthaginois et intégré le territoire du nord Ouest (Maroc actuel) qui était anciennement occupé (depuis la conquête des Phéniciens -1100 avant JC) par les Maures. Et la date de 202 avant JC aurait pu être logiquement retenue comme point de départ du calendrier berbère. Le peuple amazigh vivait dans la prospérité tout au long du règne de Massissina. Il édifia un Etat numide unifié, indépendant et bien structuré. Il fit frapper une monnaie et entretint une flotte qu’il utilisa pour protéger son royaume des assauts des armées de Rome et de Carthage.
Il faut rappeler que pour les croyants du judaïsme, le comptage des années commence 3 761 ans avant Jésus (en référence au premier livre de la Bible, correspondant au début à l’an -3761 du calendrier grégorien), et le mois de septembre 2019 correspond, selon le calendrier hébraïque luni-solaire au Nouvel An de 5780. Pour les croyants du christianisme, le point de départ du calendrier solaire est la date de naissance de Jésus Christ, alors que pour les croyants musulmans, la datation du point de départ de leur calendrier luni-solaire se confond avec la date de l’«expatriement» prophétique» (الهجرة النبوية) ou Hijra. Dans la tradition chinoise, c’est l'Empereur Huang Di (qui avait pu sauvegarder la grandeur de son pays contrairement à notre Sheshonq) en 2637 avant JC qui avait crée le calendrier luni-solaire, et c’est son année de naissance (-2697) qui est appliquée pour dater le point de départ de ce calendrier.
A tire de comparaison avec les plus célèbres chefs militaires de l’histoire, Alexandre le Grand avait apporté à la nation gréco-macédonienne dont il était issu tous les acquis scientifiques, artistiques et culturels de l’Inde ; les empereurs romains avaient dépouillé le Maghreb des Amazighs et l’Egypte (au temps de Cléopâtre) de toutes les richesses économiques et des trésors hérités de leurs ancêtres, à l’instar de ce fit Napoléon Bonaparte dans les cas de l’Angleterre et de l’Egypte. Sauf notre Sheshonq décida étonnement de tourner définitivement le dos à son peuple en assurant une continuité aux pouvoirs pharaoniques au cours de sa domination sur le moyen orient et l’Egypte.
-Quatrième raison : Le choix de la l'année 945 avant J. C. fait gravement table rase de l'histoire ancienne du peuple berbère ( – 10000 à – 4000 ans avant J. C.)
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Culture amazighe-Patrimoine (Arts, symboles, Langue, alphabet et prénoms amazighs) (TITRE I)
La langue «Tifinagh» -Assawar natmazight- ( )
- Précisions préalables :
- Tamazight est une langue qui s’écrit de gauche à droite (suite seulement aux aménagements apportés par des linguististes, tel que CH. De Foucalt à la transcription Tifinagh), alors qu’elle s’écrivait traditionnellement du bas en haut ;- La langue tamazight ne contient pas de majuscules ;
- La Tifinaghe est la transcription officielle de la langue amazighe.
- L’abécédaire amazigh ( ) tel qu’il est retenu et rétabli par l’institution marocaine IRCAM :
- Sur le plan linguistique, les langues berbères (la langue amazighe) appartiennent à la famille des langues chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques) qui «comprend, outre le berbère, le sémitique, le couchitique, l’égyptien ‘ancien’ et, avec un degré de parenté, le groupe tchadique..» (Centre de Recherche Berbère-INALCO- Paris).
Elles remontent à 10 000 ans, voire à 15 000 ans selon la majorité des linguistes, alors que les premières inscriptions berbères datent du VIème siècle avant J. C.
- Sur le plan des termes désignant LA LANGUE il faut distinguer :
* le berbère/amazigh : Ensemble des variantes linguistiques en usage au Maghreb et au Sahel ;
* le touareg/temahaq : l’ensemble des variantes linguistiques en usage dans le Sud algérien, sud libyen, au Mali, au Niger et en Burkina Faso. Il s’agit des différentes variantes dites : temahaq, temashaq / temajaq.
Qu’il ne faut pas confondre avec les ECRITURES, transcriptions ou alphabets :
*Transcription dite Libyque : terme qui désigne les caractères de l’alphabet découvert en 138, av. J.- C. ( à Dougga en Tunisie actuelle) et qui selon les grands spécialistes de l’histoire et de la culture berbère (Camps, Galand, Hachi et Chaker) est inscrit au Temple de Massinissa.
*Transcription dite Tifinagh ( ): mot utilisé au féminin pluriel. Ensemble des caractères de l’écriture des Touareg (réalisés sous forme de tifinagh, shifinagh ou tshifinagh)
* Néo-tifinagh ( ): Il s’agit des Tifinaghs «aménagées» ou «modernisées». L’adjonction de certaines consonnes et l’élaboration de certaines voyelles les rendent plus pragmatiques en dépassement des ambiguïtés et du caractère strictement consonantiques du berbère.
Alphabet néo-tifinagh. Exemples de nouveaux caractères (1):
(hه - )
(k – ك )
(q - ق)
(h –ح )
(kh –خ )
(â - ع)
(gh - غ)
Malgré les variétés régionales (sous formes de dialectes répartis sur une aire géographique immense), la langue berbère ou Tamazight a l’avantage d’avoir une unité dans le vocabulaire, alors que les principes fondamentaux de la langue (phonétique et grammaire) se sont maintenus. Selon Salem Chaker (Professeur de berbère à l'Inalco, Directeur du Centre de Recherche Berbère), «les données structurales fondamentales restent les mêmes partout : le degré d'unité, notamment grammaticale, des parlers berbères est tout à fait étonnant eu égard aux distances et vicissitudes historiques ».
Curieusement et paradoxalement, la langue amazighe n’a jamais servi de base ou d’outil linguistique à une production littéraire indépendamment de la langue du dominant (لغة الغالب). Selon Salem Chaker
«Les Berbères possèdent donc depuis l'Antiquité un système d'écriture qui leur est propre. Mais, curieusement, à aucune période de l'histoire et en aucun lieu, il ne semble que cette écriture ait servi de support à une production littéraire, ni même à la fixation de la mémoire collective d'un groupe par la rédaction de chroniques historiques, par exemple. Partout, depuis l'aube de l'histoire, lorsqu'il s'est agi de rédiger des documents écrits consistants, les Berbères ont eu recours aux langues et/ou aux alphabets des peuples dominants avec lesquels ils étaient en contact : punique, latin puis arabe ou français… Il faudra donc attendre la période coloniale et la très forte influence de l'école et de la culture françaises pour que naisse une véritable production littéraire écrite en langue berbère. Elle est encore expérimentale et très inégalement développée selon les régions. Comme en bien d'autres matières, la Kabylie (Algérie) a une solide avance ; elle est suivie par le domaine chleuh (Sud marocain) qui connaît aussi des expériences littéraires écrites non négligeables».
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(1) l'alphabet Tifinagh n'est pas transimissible ni convertible sur la page de ce Web, pour découvrir
(1) l'alphabet Tifinagh n'est pas transimissible ni convertible sur la page de ce Web, pour découvrir
les lettres de cet alphabet, il faut se référer à notre livre intitulé :"le guide amazigh: contribution
à l'étude et la 'reconstruction' de la civilisation amazighe"- décembre 2019
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Culture et patrimoine amazighs : Drapeau, musique, poésie, prénoms et tatouage (TITRE V)
Drapeau, musique, poésie, prénoms et tatouage amazighs
- Le drapeau amazigh
* Le drapeau Amazigh a été adopté définitivement par les Amazighs de tous les pays de Tamazgha lors de la 1ère assemblée générale du Congrès Mondial Amazigh, tenue à Tafira dans l’ile de Gran Canaria, dans l’Archipel Canarien, le 30 août 1997. ILe drapeau amazigh fut créé en 1970 par Youcef Medkour de l’académie berbère de Paris, avant d’être adopté définitivement par le CMA, et la date du 30 août est retenue comme «la journée mondiale du drapeau amazigh
" La signification du drapeau Amazigh "
Le drapeau est composé de trois bandes horizontales de même largeur (bleu, vert, jaune) et de la lettre Z (aza en tifinagh) en rouge.
Chaque couleur renvoie à un élément du Tamazgha, territoire où vivent les Berbères (correspondant au nord de l'Afrique) :
· le bleu représente la mer Méditerranée et l'océan Atlantique ;
· le vert représente la nature et les montagnes verdoyantes ;
· le jaune (jaune) représente le sable du désert du Sahara.
· La lettre Z de l'alphabet tifinagh (le aza ou yaz) représente l'« homme libre » — amazigh en berbère, imazighen au pluriel —, nom que se donnent les Berbères. Il est ici en rouge, couleur de la vie, mais aussi couleur de la résistance.
· Le drapeau berbère symbolise donc le peuple amazigh, dans sa globalité, vivant en harmonie avec sa terre, Tamazgha.
- Arts, musique et poésies amazighs
Il faut de prime abord préciser que les arts, les expressions musicales et poétiques ont toujours rempli une fonction sociale qui s’affirment en tant qu’outils artistiques de préservation de l’identité amazighe en contrepoids de l’hégémonie de la culture dominante (du pouvoir dominant) arabe et en tant que formes de combat contre l’aliénation socioculturelle coloniale.
Il existe un style spécifiquement amazigh reconnu et exprimé dans divers domaines (musique, poésie, décorations, artisanat, tapis et tissages, architecture, poterie, habillement, travail et gestes quotidiens de la femme etc.) par rapport à l’ensemble des arts qui coexistent au Maghreb. Il continue de suivre son chemin malgré l’influence grandissante des expressions artistiques arabo-islamiques et l’impact culturel engendré par la colonisation française.
*La musique :
La musique fait partie de la culture orale (ou patrimoine immatériel) à l’instar de la poésie et des danses amazighes.
A recenser au niveau de l’Afrique du Nord plusieurs variantes authentiques de musiques et de danses
Ahwach dans le bassin du Sous, Ahidous dans le moyen Atlas, Izran imadhyazen dans le Rif, le Rahaba dans les A urès. Elle supposent l’utilisation d’instruments spécifiques : le bendir, la Quasba, l’Imzard et s’accompagnent de riches poésies.
Il faut rappeler aussi que la musique amazighe a inspiré plusieurs groupes occidentaux de rock à l’instar des musiques hindous et latino-américaines
-Il faut préciser que la poésie amazighe a réussi difficilement à passer de l’oralité à l’écrit particulièrement grâce à la production poétique religieuse du sud du Maroc et aux poètes contemporains qui décident de défendre la culture, la langue et l’identité amazighes (Ali Azaykou, Hassan Belkacem, Fadhma Ouriachi, Mayssa Rachida, Najib Zouhri, Taous Omar etc.)
· Quelques exemples d’izlan amazigh
Poème 1
*amazighe de l’atlas :
Asid wul inw illa ghur wayd rix adday ur I hard ammi tedddux ggid
* Traduction amazighe du Rif (Ahmed Saidy) :
Thfawth nwourinou jar ifassan ntahbibt inou khmi wathahdhir, aggor amazkhmi dhi thadjesth
Français (Traduction Jouag Mohamed) ; : La lumière de mon cœur est entre les mains de mon aimé quant il n’est pas là, je vais comme dans la nuit
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Poème 2 : Nekkin t-tafuyt a mi gix amezdugh nekkin g wacal nettal g igenwan
* Traduction amazighe Rif (Ahmed Saidy) : Akthfouchth akay akidhass. Nach khatmoth natta agoujanna
Français (Traduction Jouag Mohamed ) : Du soleil je suis le compagnon. Moi sur la terre et lui dans le ciel
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La poète Chama Derrouiche Youcef Nacib
Taos Hamrouche Taos Hamrouche
Taos Hamrouche : première romancière algérienne de langue française et cantatrice berbérophone (1913-1976) Née à Tuni
*Le tatouage chez les Berbères est une expression identitaire portant des caractéristiques culturelles, en ce sens, il constitue un phénomène anthropologique propre à la société amazighe qui affirme l’identité et impose la continuité de l’homme amazigh.
*Le Tatouage n’est pas seulement un art gravé sur le corps humain, mais un langage aux significations symboliques et spirituelles qui est ancré particulièrement chez les femmes.
*Le tatouage (en tant qu’expression de la fidélité, de la loyauté, de la pureté et de la beauté) a un rôle de fascination et de convoitise
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L’innovation marocaine : Il est à préciser que la Loi 37-99 relative à l’Etat Civil a permis de retirer la liste des anciennes prénoms. Celle-ci ne peut être invoquée pour interdire le choix d’un prénom. L’article 21 de cette Loi pose les conditions suivantes pour choisir un prénom librement : le prénom doit présenter un caractère marocain, ne peut être un nom de famille, ne peut être un nom d’une ville, d’un village, d’une tribu, et ne peut être composé de plus de deux prénoms…
Il est à rappeler que les associations culturelles ont manifesté leur contestation contre cette loi. Pour apaiser le mécontentement, l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) a publié Le petit livre des prénoms amazighs comportant une liste d’environ 440 prénoms amazighes destinée à orienter les parents dans leur démarche à choisir le nom de leurs enfants.
- Dana : Perle précieuse
- Ittû : Prénom traditionnel amazigh
- Louna : celle qui console et soigne
- Nélya, Nelia : Petite fleur
- Tanirt : ange
- Talis : miel purifié
- Tamilla : La tourterelle
- Dihya, Dehia : célèbre princesse et chef amazighe
(Kahina)
- Baya : qui est distinguée
- Lila : Prénom touareg
-Kella : fille d’une princesse touareg Tinhinan
- Kenza : Nom d’une princesse berbère
- Izza : la puissance, la forc
-Thamina : Oiseau mythique d’une beauté exceptionnelle
- Baragsen : qui est fier
A recenser au niveau de l’Afrique du Nord plusieurs variantes authentiques de musiques et de danses
Ahwach dans le bassin du Sous, Ahidous dans le moyen Atlas, Izran imadhyazen dans le Rif, le Rahaba dans les A urès. Elle supposent l’utilisation d’instruments spécifiques : le bendir, la Quasba, l’Imzard et s’accompagnent de riches poésies.
Il faut rappeler aussi que la musique amazighe a inspiré plusieurs groupes occidentaux de rock à l’instar des musiques hindous et latino-américaines
*La poésie- Izlan- ( ) au pluriel , Izli ( ) au singulier
- La poésie essentiellement populaire et orale a accompli jusqu’ici une mission de communication de masse et de contestation politique dans le cadre de développement de la conscience identitaire amazighe. Elle s’est toujours présentée comme expression d’une réelle production de littérature fortement symbolique et codifiée suivant un ancrage sociologique propre à la culture berbère. Elle combine d’une manière complexe son état intrinsèque de véritable création artistique et sa valeur reconnue en tant qu’expression simple, raffinée et naturelle qui se renouvelle et s’enrichie en permanence en dépassement de toute forme de primitivité, d’archaïsme, de folklorisme et d’exotisme tant nourries par les cultures dominantes (arabe et franco-coloniale)-Il faut préciser que la poésie amazighe a réussi difficilement à passer de l’oralité à l’écrit particulièrement grâce à la production poétique religieuse du sud du Maroc et aux poètes contemporains qui décident de défendre la culture, la langue et l’identité amazighes (Ali Azaykou, Hassan Belkacem, Fadhma Ouriachi, Mayssa Rachida, Najib Zouhri, Taous Omar etc.)
· Quelques exemples d’izlan amazigh
Poème 1
*amazighe de l’atlas :
Asid wul inw illa ghur wayd rix adday ur I hard ammi tedddux ggid
* Traduction amazighe du Rif (Ahmed Saidy) :
Thfawth nwourinou jar ifassan ntahbibt inou khmi wathahdhir, aggor amazkhmi dhi thadjesth
Français (Traduction Jouag Mohamed) ; : La lumière de mon cœur est entre les mains de mon aimé quant il n’est pas là, je vais comme dans la nuit
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Poème 2 : Nekkin t-tafuyt a mi gix amezdugh nekkin g wacal nettal g igenwan
* Traduction amazighe Rif (Ahmed Saidy) : Akthfouchth akay akidhass. Nach khatmoth natta agoujanna
Français (Traduction Jouag Mohamed ) : Du soleil je suis le compagnon. Moi sur la terre et lui dans le ciel
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La poète Chama Derrouiche Youcef Nacib
Taos Hamrouche Taos Hamrouche
Taos Hamrouche : première romancière algérienne de langue française et cantatrice berbérophone (1913-1976) Née à Tuni
- Le tatouage (Thiggaz- )
*Le tatouage fait partie de la culture berbère depuis l’origine, il est lié à des rites pré-islamiques et des croyances spécifiques aux communautés ethniques berbères.*Le tatouage chez les Berbères est une expression identitaire portant des caractéristiques culturelles, en ce sens, il constitue un phénomène anthropologique propre à la société amazighe qui affirme l’identité et impose la continuité de l’homme amazigh.
*Le Tatouage n’est pas seulement un art gravé sur le corps humain, mais un langage aux significations symboliques et spirituelles qui est ancré particulièrement chez les femmes.
*Le tatouage (en tant qu’expression de la fidélité, de la loyauté, de la pureté et de la beauté) a un rôle de fascination et de convoitise
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- Prénoms amazighs en tant qu’expression d’une culture esthétique et raffinée :
1°)les plus beaux prénoms amazighs et leur signification :
Les prénoms amazighs furent longtemps frappés de censure et d’interdiction en raison de l’arabisation massive dont ont été victimes les populations berbères de l’Afrique du Nord.L’innovation marocaine : Il est à préciser que la Loi 37-99 relative à l’Etat Civil a permis de retirer la liste des anciennes prénoms. Celle-ci ne peut être invoquée pour interdire le choix d’un prénom. L’article 21 de cette Loi pose les conditions suivantes pour choisir un prénom librement : le prénom doit présenter un caractère marocain, ne peut être un nom de famille, ne peut être un nom d’une ville, d’un village, d’une tribu, et ne peut être composé de plus de deux prénoms…
Il est à rappeler que les associations culturelles ont manifesté leur contestation contre cette loi. Pour apaiser le mécontentement, l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) a publié Le petit livre des prénoms amazighs comportant une liste d’environ 440 prénoms amazighes destinée à orienter les parents dans leur démarche à choisir le nom de leurs enfants.
2°) Prénoms féminins amazighs les plus significatifs et les plus authentiques
- Ania : Princesse berbère- Dana : Perle précieuse
- Ittû : Prénom traditionnel amazigh
- Louna : celle qui console et soigne
- Nélya, Nelia : Petite fleur
- Tanirt : ange
- Talis : miel purifié
- Tamilla : La tourterelle
- Dihya, Dehia : célèbre princesse et chef amazighe
(Kahina)
- Baya : qui est distinguée
- Lila : Prénom touareg
-Kella : fille d’une princesse touareg Tinhinan
- Kenza : Nom d’une princesse berbère
- Izza : la puissance, la forc
-Thamina : Oiseau mythique d’une beauté exceptionnelle
- Baragsen : qui est fier
3°) Prénoms marsculins
- Aylan- Ilias
- Elwan
- Kenna
- Silas
- Ahras
- Mawel
- Yidir
- Melwan
- Anir
- Aylal
- Badis
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Culture amazighe-Patrimoine (Tifinagh et Nouvelles Technologies d'Information, clavier amazigh ) (TITRE III)
TIFINAGH ET Nouvelles Technologies ( suite du TITRE II)
*Les Tifinaghes ont été intégrées :
- A Unicode : (2D30-2D7F): version 4.1 d’Unicode;- A l’ère du Web ;
- A ISO 639 désignant l’amazigh (zgh) comme standard marocain (2012), et par ISO 15934, Tifinagh (Tfng)
- Aux systèmes d’exploitation (Windows 8 et Linux)
- Aux types de clavier amazigh en conformité avec ISO/CEI 9995 (Windows, Linux et Mac)
- Aux systèmes d’exploitation (Windows 8 et Linux)
* Par contre, la conversion PDF de l’inscription Tifinagh sur ordinateur n’est toujours pas résolue.
* Il est à rappeler que le CEISIC (Centre des Etudes Informatiques des Systèmes d’Information et de Communication), a mené un projet d’information dit Portrait TALAM (Traitement Automatique de la Langue Amazighe) qui a pour but de proposer un « ensemble de ressources linguistiques numériques et d’outils de traitement automatique de la langue amazighe » de traitement automatique de la langue amazighe».
* Le Clavier amazigh :
Les obstacles technologiques dressés à l’utilisation de la graphie amazighe et les techniques potentielles de son utilisation au moyen de logiciels et d’URL internet
Avertissement important : Il est à préciser au lecteur, qu’il n’existe pas à l’heure actuelle d’ordinateur doté d’un clavier amazigh fonctionnel. Il n’y a que des logiciels qui permettent d’accéder à des claviers sur l’espace internet. Les pays du Maghreb n’étant pas des nations industrialisées, encore moins des nations qui maitrisent les nouvelles technologies numériques, attendent que l’occident développé leur offre sur un plateau d’argent (à l’instar des smartphones, des écrans numériques, des appareils photos numériques etc.) un type d’ordinateur doté d’un word et d’un clavier amazighs qui permettent de rendre fonctionnelle l’écriture directe de la gaphie Tifinagh !!!!
De notre côté, nous avons décidé (avec l’aide de note ami informaticien et spécialiste des TIC Mr Lahlou Marouane) d’offrir au lecteur des moyens d’accéder directement à ces claviers qui fonctionnent au moyen de logiciels rechargeables ou ultilisables à partir de l’Internet sur n’importe quel clavier lié à un ordinateur classique et doté des graphies latine et arabe.
https://quicontole.blogspot.com/p/blog-page_10.html
II- Les liens (URL) des claviers amazighs ( accessibles sur le moteur de recherche Google):
Clavier amazigh simple (base IRCAM)
1°) Lien (URL) de traduction des graphies latine, arabe et Tifinagh combinées : Latin / Tifinagh ; Arabe / Tifinagh…
http://tifinaghtools.eazypo.ca/
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2°) Claviers virtuels amazighs
https://www.amazighnews.net/Clavier-Amazigh.html
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3°) WSoft : Clavier amazigh ( Tifinagh
لوحة المفا تيح اللا مازيغية
http://www.wsoft.ma/fr/outils/clavier-amazigh
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4°) Lien (URL) du clavier amazigh (pour l’écriture directe Tifinagh
https://www.translitteration.com/translitteration/fr/tamazight/ala-lc/
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Clavier amazigh avec chiffres : version iOS9
*Vert : IRCAM Tifinagh de base
*Bleu : Autres lettres Tifinagh IRCAM : Touarègue moderne
* Saumon : Chiffres amazighs
Avertissement important : Il est à préciser au lecteur, qu’il n’existe pas à l’heure actuelle d’ordinateur doté d’un clavier amazigh fonctionnel. Il n’y a que des logiciels qui permettent d’accéder à des claviers sur l’espace internet. Les pays du Maghreb n’étant pas des nations industrialisées, encore moins des nations qui maitrisent les nouvelles technologies numériques, attendent que l’occident développé leur offre sur un plateau d’argent (à l’instar des smartphones, des écrans numériques, des appareils photos numériques etc.) un type d’ordinateur doté d’un word et d’un clavier amazighs qui permettent de rendre fonctionnelle l’écriture directe de la gaphie Tifinagh !!!!
De notre côté, nous avons décidé (avec l’aide de note ami informaticien et spécialiste des TIC Mr Lahlou Marouane) d’offrir au lecteur des moyens d’accéder directement à ces claviers qui fonctionnent au moyen de logiciels rechargeables ou ultilisables à partir de l’Internet sur n’importe quel clavier lié à un ordinateur classique et doté des graphies latine et arabe.
I- Lien (URL) unifié d’accès aux claviers amazighs (sur le moteur de recherche Google) : accessible sur notre Site Web Quintessence Connaissance Tolérance.
N.B. : L’accès à ce lien permet de télécharger les claviers fonctionnels amazighs et l’utilisation directe et combinée des graphies latine, arabe et Tifinagh
NB. Pour accéder aux liens du clavier, il faut ouvrir la page d'accueil de ce Site (Quintessence, Connaissance Tolérance ) ou ouvrir sur INTERNET le lien suivant :
II- Les liens (URL) des claviers amazighs ( accessibles sur le moteur de recherche Google):
Clavier amazigh simple (base IRCAM)
1°) Lien (URL) de traduction des graphies latine, arabe et Tifinagh combinées : Latin / Tifinagh ; Arabe / Tifinagh…
http://tifinaghtools.eazypo.ca/
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2°) Claviers virtuels amazighs
https://www.amazighnews.net/Clavier-Amazigh.html
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3°) WSoft : Clavier amazigh ( Tifinagh
لوحة المفا تيح اللا مازيغية
http://www.wsoft.ma/fr/outils/clavier-amazigh
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4°) Lien (URL) du clavier amazigh (pour l’écriture directe Tifinagh
https://www.translitteration.com/translitteration/fr/tamazight/ala-lc/
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Clavier amazigh avec chiffres : version iOS9
*Vert : IRCAM Tifinagh de base
*Bleu : Autres lettres Tifinagh IRCAM : Touarègue moderne
* Saumon : Chiffres amazighs
Culture amazighe-Patrimoine (Arts, symboles, Langue, alphabet et prénoms amazighs) (TITRE II)
Rappel des aménagements effectués sur les Tifinaghes : a-) Il revient plus particulièrement à CH. De Foucalt d’effectuer des travaux d’aménagement sur les Tifinagh (cités dans sa lettre du 21 juillet 1912 à René Basset).
Tout en ayant le souci de conserver les caractères existants dans les tifinagh traditionnelles, les propositions de ce précurseur portaient principalement sur :-La fixation de l’orientation de l’écriture de gauche à droite (contrairement au système qui fut proposé par Marval et Belaïd qui s’inspiraient de la notation des voyelles arabes dans un texte qui se lit de droite à gauche selon Brasset -1959), alors qu’anciennement, le sens de l'écriture berbère est vertical, de bas en haut;
-L’usage des voyelles (conservation des « graphèmes /• / pour [a] ; /: /pour [ou, o] ; un point suscrit sur un petit trait horizontal /_._ / pour [e] ; la fatha sur /y/ [y] traditionnel»).
- La structuration des Tifinagh sur le modèle du texte français en ce qui concerne les alinéas, les paragraphes.
*Il faut noter que l’écriture découverte à Dougga (2ème siècle avant JC), qui semble avoir complètement disparu, n’a pas pu survivre après la domination romaine. C’est cet ensemble de symboles culturels et de graphie authentiques que les chercheurs et les militants associatifs berbériphones semblent vouloir réhabiliter et reconstituer aujourd’hui.
b-) Autres aménagements plus récents :
Ce sont les travaux de recherches effectués dans le cadre de l’association culturelle (érigée en «ACADEMIE BERBERE» en 1970 à Paris) qui ont permis d’achever la standardisation et la l’unification de l’alphabet sur la base des Tifinigh Touaregues, suivis des travaux de Salem Chaker de l'INALCO qui a travaillé sur une version révisée du Tifinagh.Le néo-Tifinagh de trente et une lettres de base sera adopté une trentaine d’années plus tard par l’IRCAM (Institut Royal pour la Culture Amazighe)
L’intégration des nouveaux caractères tels que :(1)
(hه - ) ; (k – ك ) ; (q - ق) ; (h –ح ) ; (kh –خ ) ; (â - ع) ; (gh - غ)
a permis d’établir l’alphabet général Tifinagh suivant (adapté aux graphies arabe et latine):
c- Tifinaghe et Nouvelles Technologies d’Information, de Communication et d’exploitation:
A l’ère de la révolution numérique, les Technologies d’Information et de Communication constituent un outil majeur dans la survie, la préservation et la redynamisation de la langue amazighe à l’instar des autres langues utilisées dans divers domaines de connaissances et dans le monde professionnel.- Elles doivent promouvoir l’apprentissage de la langue amazighe au sein des institutions de formation et des espaces médiatiques, partant des potentialités d’échange et de communication qu’offre la mondialisation à travers l’utilisation à bon escient de ces TIC .
- Elles constituent des outils fiables et durables de la préservation de la langue amazighe en tant que volet culturel et linguistique du patrimoine national.
- Elles doivent contribuer à mobiliser les différents spécialistes de nombreux domaines (anthropologique, linguistique, informatique..) pour une gestion rationnelle des ressources linguistiques (terminologie, lexique, corpus) et d’établissement de bases de données susceptibles de contribuer efficacement à l’informatisation, à l’aménagement et à la structuration de la langue amazighe.
*Il faut préciser qu’il reste un long chemin pour utiliser la langue amazighe sur Internet, en raison des retards affichés et reconnus par les dirigeants de l’IRCAM eux-mêmes au niveau de l’informatisation de la langue ( codage du système d’écriture) et des difficultés à disposer d’un clavier amazigh à usage professionnel plus adapté à la promotion de la formation et de l’enseignement.
* De même que le projet d’introduction de la langue amazighe dans les billets de banque et les pièces de monnaie est toujours en cours d’étude au Maroc. Elle dépend de l’adoption définitive du projet de loi sur le nouveau statut de la Banque du Maroc en cours de discussion et de lecture au niveau des deux chambres du Parlement. L’intégration des deux inscriptions arabe et tifinaghe aux billets de banques devrait être adoptée normalement suite aux revendications formulées dans ce sens par les défenseurs de la langue amazighe
(A SUIVRE Tifinagh et Nouvelles Technologies sur TITRE III suivant de la présente RUBRIQUE)
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(1) l'alphabet n'est pas transimissible ni convertible sur ce site Web, pour découvrir le complément
(1) l'alphabet n'est pas transimissible ni convertible sur ce site Web, pour découvrir le complément
des lettres de cet alphabet, voir notre livre intitulé : "le guide amazigh : contribution....."-décembre 2019
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samedi 25 avril 2020
Question amazighe et concepts de CULTURE, CIVILISATION et IDENTITE CULTURELLE : les contraintes d’ordre méthodologique (TITRE IV)
A propos de l’identité culturelle
Le concept à connotation idéologique de «l’identité culturelle nationale» engendre un autre problème d’ordre méthodologique, en ce qu’il fait table rase de la singularité, de la part de l’universalité et de la richesse des identités culturelles propres aux communautés et aux masses.. c'est-à-dire des «droits culturels" des individus et des peuples; de la ‘démocratie culturelle’ ; du ‘développement culturel’ et des rapports entre ‘culture et développement’ ; de la ‘promotion des langues nationales’ ; du rapport entre ‘conservation du patrimoine culturel’ et ‘création’ ou ‘innovation’ . (3)
1-*Les problèmes d’ordre méthodologiques posés par le concept de «culture»(1)
Le concept de "culture" pose des problèmes de méthodologie et d’étymologie au niveau de la langue et de la civilisation arabes : Ibn Khaldoun fut le seul penseur qui eut pu intégrer la problématique de «culture» (sans utiliser le terme d’ «Atthakafa»- الثقافة-) à sa vision de la sociologie et de la conjugaison complexe de ses volets spécifiquement arabes tels que : «Omrane Alhadhari» (العمران الحضاري), «Omrane allbadawi» (العمران البدوي) et «Omrane Albachari» (العمران البشري). Ils sont liés dialectiquement au concept opératoire de «Alâassabya» (العصبية) ou cohésion sociale, en combinaison avec les concepts de «civilisation»(الحضارة - et de l’«Etat»(الدولة) . (in «ses “Prolégomènes» -مقدمة ابن خلدون -);Ibn Khaldoun considère que les civilisations montent en puissance et s’orientent vers la décadence. Il s’agit d’une vision universelle de l’histoire qui décrit ces cycles au fur et à mesure qu’ils se développent et disparaissent. Il affirme que chaque civilisation (représenté par un type de pouvoir tel que les dynasties) porte en son sein les germes de sa propre décadence. Par conséquent, les processus de décadence des dynasties arabes depuis le XXIIème siècle grégorien, ont eu des effets dévastateurs sur l’équilibre et la cohésion des sociétés amazighes au niveau de l’ensemble du grand Maghreb plus particulièrement à la suite de la dislocation de l’Etat ambitieux berbère almohade
Parmi les chercheurs contemporains qui n’ont pas aménagé sérieusement leurs efforts pour élaborer et réhabiliter le concept de «culture» (الثقافة), nous citons Malek Bennabi qui considéra que ce concept n’a pas acquit un «caractère complet»- (مفهوم مكتمل) dans la langue arabe et qu’il s’agit d’un concept emprunté à l’Europe qui le forgea et le développa au cours des siècles de sa renaissance-. ("مشكلة الثقافة" لمالك ابن نبي)
Le terme d’ «Atthakafa»- الثقافة- qui correspond au concept de la sociologie moderne de «culture» ne faisaient pas partie du vocabulaire de la langue arabe au temps de la domination arabo-islamique sur les sociétés amazighes du Maghreb.
Malek Bennabi retient le «vide culturel» et le narcissisme du modèle de musulman qui se croit parfait (après avoir accompli ses prières ou ses «cinq piliers» –اركان الاسلام-) sans «chercher en lui tout souci de perfectionnement» comme des facteurs de la «stagnation» de la société arabo-musulmane. Il trouve dans ce qu’il appelle «la paralysie morale» exprimée dans le dogme : «la religion musulmane est une religion parfaite» ou «nous sommes des musulmans donc nous sommes parfaits»… «la plus grave parmi les paralysies, celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres (sociale et intellectuelle)» (NOTE 4).
Une telle paralysie morale se combine à notre avis à la paralysie politique exprimée dans le caractère dogmatique et obscurantiste des régimes politiques arabes excluant tout au long de l’histoire l’amazighité en tant que civilisation, voire en tant que langue (لغة), que culture ( ثقافة ) et qu’identité (هوية) susceptible de lui assigner un rôle constructif dans le développement d’une société juste, multiculturelle et ouverte sur les sciences et le monde.
Cette double paralysie est à l’origine de l’avènement de la crise de la pensée politique et intellectuelle arabe qui a conduit inéluctablement à l’état de stagnation et de sous-développement dans lequel se trouve l’ensemble des nations arabes d’aujourd’hui : La permanence du sous-développement du monde arabe n’est pas seulement le produit (historiquement constitué) de la domination capitaliste mondiale ( facteur extérieur), mais elle est avant tout le fait d’une défaillance des méthodologies de réflexion (à l’intérieur) en matière d’assimilation des pensées universelles, de conception de modèle économique de développement, d’adaptation aux nouvelles innovations technologiques et de maitrise des sciences fondamentales et des sciences sociales et humaine (NOTE 5)
2-*Le statut particulier et à connotation idéologique du concept de «civilisation» (NOTE 2) :
Dans le langage courant, le mot civilisation est associé à un jugement de valeur. Une simple comparaison avec le sort qui fut réservé aux peuples amazighs sous la domination arabe, nous permet d’affirmer qu’il est assimilable à la vision ethnocentriste des évolutionnistes occidentaux du XIXème siècle qui opposaient la «civilisation» à la «barbarie» et qui suppose que les sociétés traditionnelles de l’Afrique comme n’étant pas «civilisées». Le grand sociologue moderne Norbert Elias note «qu’au XIXe siècle, la notion de civilisation avait fini par avoir une seule fonction générale : celle de symboliser le sentiment de supériorité de l’Occident». Au Maghreb amazigh passé sous la domination arabe, la notion de «civilisation» symbolisait le sentiment de la supériorité de la culture et de l’idéologie arabes….C’est grâce à l’anthropologie moderne, qu’on commence à comprendre que la civilisation n’est pas un attribut des sociétés industrialisées développées ou des dynasties dominantes quelconques (à l’instar des pouvoirs arabes en Afrique du nord amazigh), puisque «toutes les sociétés humaines connaissent une forme de civilisation».
· Aujourd’hui au temps de la mondialisation, le clivage entre civilisés et non civilisés recule significativement malgré la montée des populismes et des idéologies extrême droitières. Elle engendre inéluctablement l’émergence de nouvelles mentalités à caractère universel prônant la tolérance et le respect de la diversité culturelle à contre courant de l’hiérarchisation des civilisations fondée sur la supériorité de l’occident sur le reste du monde
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Tout au long des «missions islamiques» (الفتوحات الاسلامية), ce sont les concepts à connotation idéologique et théologique de la «Oumma» (الامة) et de «civilisation» (الحضارة) qui marquèrent les discours des penseurs et des dirigeants politiques du monde arabo-musulman, avec la sauvegarde du caractère «exotique» et folklorique de la culture amazighe sous la domination des dynasties arabes successives au Maghreb. Même les fondateurs de la pensée de la renaissance (فكر النهضة) tels que Jamal Addine Al’fghani et Mohamed Abdou et leur disciples du Nationalisme arabe (القومية العربية) et de l’islam politique (الاسلام السياسي) n’eurent jamais réussi à intégrer la «l’amazighité» au tissus sociologique et au champ culturel arabo-musulmans.
- L’amazighité (dans sa singularité, sa diversité, sa part dans l’universalité) en tant qu’identité culturelle, n’a pas fait seulement l’objet de négligence politiquement délibérée depuis le début de la domination politique et idéologique arabe, mais elle s’est progressivement altérée et désintégrée grâce à la permanence du pouvoir aristocratique et centralisé fondamentalement omeyyade au sein du grand Maghreb ayant fonctionné comme une négation pure simple de la civilisation amazighe réhabilitée aujourd’hui comme l’une des civilisations les plus raffinées au monde. Elle s’ajoute à la stagnation intellectuelle engendrée par l’application d’une jurisprudence islamique d’obédience Malékite ultraconservatrice et aux effets dévastateurs des actions obscurantistes des marabouts et «sheikhs» congréganistes des «tarikas» sur la vie sociale et culturelle des communautés amazighes.
A titre de rappel, les peuples amazighs du Maroc ont subi exceptionnellement depuis l’avènement des dynasties arabes (saâdienne et alaouite) les effets durables d’aliénation et de désintégration sociopolitiques et culturels engendrés par le paradoxe politique et théologique suivant (NOTE 6) : Aux imperfections de l’application d’une jurisprudence islamique (gérées historiquement en parfaite symbiose avec le caractère despotique du pouvoir politique) et de l’impossible séparation de la gestion du pouvoir politique des dogmes théologico-religieux, s’ajoute (suivant la nature des régimes politiques arabo-islamiques) la primauté du principe irrationnel et obscurantiste d’«obéissance à ceux qui détiennent le commandement» ( وا طيعوا ا و لي الا مر منكم ) conjuguée à l’hérédité du pouvoir politique des sultans et des Khalifes (NOTE 7) par rapport au principe universel de légitimation populaire .
A l’échelle du monde dit arabe, de telles déviations de nature totalitaire n’ont pas seulement engendré progressivement la désintégration et l’aliénation multiforme des cultures locales (dont l’amazighité au Maghreb), mais elles ont permis aux Khalifes arabes (particulièrement sous le pouvoir omeyade) une asphyxie générale de la liberté de pensée (NOTE 8)
Les pouvoirs arabes d’obédience omeyyade ont continuellement privé les peuples amazighes des fondements et des acquis de la «civilisation» arabo-islamique réalisée au temps de l’âge d’or de l’islam (NOTE 9) qui fut marquée par la floraison littéraire, intellectuelle, scientifique, philosophique et le raffinement culturel et artistique.
Cette mise à l’écart des communautés amazighes vis-à-vis des volets rationnel et scientifique du patrimoine arabo-islamique (NOTE 10), fut reconduite durablement par les dynasties arabes (omeyyade, Sâadienne et Alaouite) qui ont consolidé le système de gestion du pouvoir à caractère despotique et totalitaire, tout en fixant comme objectifs exclusifs de l’Etat théocratique à partir du 7ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle : l’emprise totale sur les activités économiques, l’instauration du monopole sur le commerce, l’accaparement de plus de terres, voire l’asservissement d’une partie de la population (convertie de force en esclaves) en faveur des aristocraties féodales et commerçantes qui incarnaient l’Etat central bureaucratique, en violation des normes sociales fondées sur la démocratie locale, la propriété collective et l’aspiration à la liberté dont jouissaient les communautés paysannes berbères.
Pire, les hommes et les femmes amazighs furent continuellement traités (tout au long de la domination arabe) comme des êtres de second ordre. Il fallait attendre la colonisation française pour voir se développer la rationalité bureaucratique et administrative, l’immatriculation des terres et le découpage spatial qui permettront finalement aux communautés amazighes de jouir du statut de citoyenneté et de bénéficier légalement du droit d’acquérir et de préserver durablement des propriétés.
A ces processus de désintégration et d’aliénation généralisées, s’joutent les implications structurelles (d’ordre humain et socioculturel) engendrées progressivement par la faillite du «nationalisme arabe» et l’échec affiché des modèles de développement économique adoptés par les régimes arabes depuis l’indépendance sur la culture amazighe et sur le niveau de vie de l’ensemble des marocains.
NOTES :
(NOTE 1) Le concept de culture renvoie essentiellement à l’ensemble des connaissances (savoir-faire, traditions, coutumes, aspects spirituels,) propres à un groupement humain et même à une civilisation…
’anthropologue anglaise E. B. Tylor fournit une définition large de la culture : «un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte».
Les différents éléments qui composent une culture sont interdépendants les uns par rapport aux autres, des rapports ressentis par les sujets et les membres d’une société les unissent pour former un monde cohérent . Durkheim résume la culture à «la manière de penser, de sentir, d’agir». Gustav Klemm qui a développé ce qu’il appelle une «science générale de la culture», complète la définition de la culture qu’il définit comme un «tout complexe qui inclut la connaissance, la croyance, l’art, la loi, la morale, les mœurs et toutes les autres capacités et habitudes acquises par l’homme en tant que membre de la société»
(NOTE 2) Le concept de civilisation : le concept de civilisation renvoie aux caractéristiques spécifiques (religieuses, politiques, artistiques, techniques, scientifiques) et aux avancements des mœurs, de l’état de progrès, d’une société, d’une région, d’une dynastie ou d’une nation.
(NOTE 3) Concept de l’identité culturelle : Etienne Balibar nous fournit une définition quasi-complète de l’identité culturelle : « L'identité culturelle serait l'expression même de la singularité des "groupes", peuples ou sociétés, elle serait ce qui interdit de les confondre dans une uniformité de pensée et de pratique, ou d'effacer purement et simplement les "frontières" qui les séparent et qui traduisent la corrélation au moins tendancielle entre faits de langue, faits de religion, faits de parenté, faits esthétiques au sens large (car il y a des styles de vie comme il y a des styles musicaux ou littéraires), et faits politiques» (Etienne Balibar : «Culture et identité. Notes de recherche», NAQD - 1992)
(NOTE 4) Malek Bennabi : «Les Grands Thèmes : la civilisation, la culture, l'idéologie, la démocratie..» - Elborhane
(NOTE 5) *Abdellah Laroui : «L’intellectuel arabe se laisse emprisonner dans l’antinomie stérile : se moderniser, c’est se trahir ; rester fidèle à soi, c’est mourir à l’histoire…Il s’agite sans aider la société à changer ».(- «Islam et modernité» - Centre Culturel Arabe). Il considère la «pensée arabe» comme étant de nature d’«expression et de langue» et non de « réalisme et d’action», à l’instar de M. Abid Jabri qui relève sa nature idéaliste ; elle n’est pas liée selon lui à la Raison ( العقل ), de prédominance littéraire (اللغة ), d’éloquence (الفصاحة ), de style et de communication) البيان)
*Mohamed Arkoun : Sur la base de recherche pluridisciplinaire (sciences humaines, anthropologie, philosophie, science de l’histoire), appelle au dépassement de la pensée juridique islamique qu’il considère introvertie( تجاوز الانغلاق الفقهي) et au «renouveau» de la pensée religieuse ( تحديث الفكر الديني )en conciliation avec la modernité (الحد ا ثة ).
* Hassan Hanafi : souhaite transformer les «sciences traditionnelles» en sciences humaines, les «sciences du fikh» en méthodologie de recherche et en sciences économiques, le soufisme en psychologie..
* M. A. Jabri minimise l’apport de la «pensée arabe» qui n’oppose pas de concept suffisamment élaboré de «démocratie» réellement alternatif aux régimes despotiques. Sur le plan philosophique, il s’appuie méthodologiquement sur les apports d’Aristote et d’Ibn Roshd , tout en optant pour les visions idéalistes de Kant et de Hegel ; il fonde ses propositions en matière de reconstruction de la «pensée arabe » ( العقل العربي) sur de nouveaux critères formulant des questions cruciales, telles que : L’identité ( الهوية ) qu’il lie historiquement à la cohésion nationale(القومية ); la démocratie( الديمقراطية) ; la question culturelle ( القضية الثقافية ).
(NOTE 6) Voir notre ouvrage : «L’Islam en tant que système de croyance, que mode de gouvernance..» -septembre 2015
(NOTE 7) Ali Abderrazik «..Par tous les moyens ils (les Sultans) font croire aux gens, qu’obéir aux imams c’est obéir à Dieu, que leur désobéir , c’est désobéir à Dieu (…) Tel a été le crime des rois et leur tyrannie vis-à-vis des musulmans; ils les ont détournés du droit chemin (..) au nom de cette même religion, les ont tyrannisés, humiliés, et on interdit l’étude des Sciences politiques. Ils les ont trompés et emprisonné leur raison… », ce qui «provoque une extinction des facultés de recherche et de la spéculation intellectuelle chez les musulmans, qui furent atteints de paralysie en matière de philosophie politique et en tout ce qui touchait au califat et aux califes.. » « Rien dans la religion, n’interdit aux musulmans d’entrer en compétition avec les autres nations dans les sciences de la société et de la politique…Rien ne leur interdit..d’édifier les règles de leur royauté et l’ordonnance de leur gouvernement conformément à ce que les esprits humains ont inventé récemment, et que les exigences des nations ont démontré être ce qu’il y’a de plus solide en matière de bons principes de gouvernement ..»-Ali Abderrazik(in : « الحكم الاسلام وأصول» «L’islam et les fondements du pouvoir »
(NOTE 8) : Des grands penseurs furent à des moments de leur vie frappés d’interdiction, de censure. Ils furent bannis par l’idéologie officielle et accusés même d’hérésie(الزند قة" ") et d’athéisme ; Un grand nombre d’entre eux furent jugés, condamnés à mourir en prison, voire exécutés, et donc victimes de la tyrannie et du despotisme du pouvoir politique en raison de leurs idées hors normes, de leur génie et de leur indépendance d’esprit en violation des principes de la tolérance et de la liberté de pensée.
Parmi les victimes du despotisme politique arabe, nous citons :
- Ibnou Almoukafa’â - المقفع ابن- : Célèbre écrivain et prosateur le plus rationnel de l’histoire arabo-islamique : Almoukaffa’â considère «la Raison comme guide vers le sens de la justice». Dans son œuvre «Rissalat Assahaba» - الرسالة في الصحابة -, il avertit le Khalife sur les incohérences du système juridique et du rôle de l’armée et soulève des «contradictions de la jurisprudence». Grand initiateur du réformisme politique et administratif de la Khilafa abbasside. Accusé d’hérésie («الزندقة » ) et de réformisme radical par le Khalife Elmansour pour ses prises de position critiques à l’égard de la religion officielle et du caractère despotique du régime politique. Il fut condamné à mort et exécuté (après avoir tranché ses membres, son bourreau le jeta dans un four brulant..), son sort tragique incarne l’une des pages les plus sombres de l’histoire arabo-islamique
- Alhallaj – الحلاج- : Suite à une Fatwa que les juristes réussirent à obtenir du juge de Baghdad, Alhallaj fut taxé d’agitateur et accusé d’hérésie et de conspiration contre le Kalife abbasside Jaâfar Almouktadir ( régnant de 295-320H. / 908 à 932G.) . Arrêté (en 301H./913G). et jugé en 309H./922G., puis exécuté et décapité.
- Sohrawardi ( الصهروردي- ) : Après avoir été honoré par les rois Saljûqides (السلجوقيون), Sohrawardi s’est rendu en Syrie Halep (حلب )où il fut condamné à mort et exécuté pour hérésie par Adhahiri Ghazi-المالك الظاهري الغازي - au pouvoir à l’époque ( fils de Salahddine Alayoubi). Celui-ci (grande figure de l’histoire héroïque de l’histoire islamique), n’avait curieusement pas empêché son fils d’infliger une mort tragique à l’un des grands
philosophes de l’ISLAM !
Question amazighe et nature de la domination arabe : problèmes d'ordre méthodologique ( TITRE III)
Esquisse d’une «relecture» de l’histoire des peuples amazighs et de leur liens indéfectibles avec la pensée politique arabe :
Que ça plaise ou non aux défenseurs fervents amazighophobes et négationnistes de la culture amazighe, et sans chercher à faire de l’amalgame ou à créer la polémique, nous devons préciser que ce que nous cherchons à montrer méthodologiquement en matière de «relecture» de l’histoire amazighe (à travers l’analyse des concepts de culture, de civilisation et d’identité culturelle), est que les motivations qui alimentaient fondamentalement la domination arabe sur les communautés amazighes du grand Maghreb, sont de même essence (philosophique et politique) que les idéologies qui furent au fondement de la domination romaine antérieure et de l’expansion colonialiste occidentale postérieure (de nature ethnocentriste) qui s’est imposée partout dans le monde à l’occasion du partage territorial du globe entre les puissances impérialistes à partir de la fin du 19ème siècle.Les points communs à ces formes de domination sont évidentes et non équivoques puisés dans la définition académique de la domination coloniale : il s’agit d’un processus d’expansion territoriale qui se caractérise sous la forme d’une occupation plus ou moins rapide voire d’une invasion brutale d’un territoire. Il s’accompagne d’une marginalisation, d’une réduction, voire de massacres ou -et dans les cas extrêmes- de génocide des populations soumises à la domination. Le principal but est l’exploitation d’avantages matériels, humains et géostratégiques (matière première, main-d’œuvre, position stratégique, espace vital, etc.) d’un territoire au profit de la puissance occupante. Elle se base généralement sur un discours axé sur la «mission civilisatrice» pour justifier la domination économique, politique, culturelle, religieuse etc. Pire, trois mots clés furent au fondement des motivations de l’expansion arabe au Maghreb: le territoire, les richesses matérielles et les hommes et les femmes amazighs convertis en esclaves. Les grands spécialistes de l’histoire de la domination arabe, ont unanimement rappelé et confirmé l’exploitation massive de ces trois sources d’enrichissement économique et de jouissance psychologique par les dirigeants politiques et militaires arabes. Concernant la «traite des hommes et des femmes amazighes», et selon des grands historiens de l’époque (tel que l’auteur du IXème siècle Zaydan), les chefs de tribus berbères qui ne pouvaient pas s’acquitter de l’énorme tribut («jizya») imposée par les dirigeants arabes, se trouvaient obligés de leur offrir leurs fils ou leurs filles, voire de les vendre, puisque la puissance occupante permettait la convertibilité de ce tribut en esclaves. Il s’agissait selon l’Evariste Lévi-Provinçal cité par Roger Botte, d’une «chasse délibérée afin de satisfaire la demande omeyyade puis âbbasside en esclaves, en particulier en jeunes filles berbères, réputées d’une beauté sans pareil». Selon Mohammed Talbi, quatre cent quinze mille Berbères auraient été réduits en esclavage au cours des soixante-dix ans de domination de Okba Ibn Nafiâ, de Hassan Annouâman et de Moussa Ibnou Nousair.
A titre de rappel, la renaissance arabo-islamique au temps des Omeyades (à partir du 8ème siècle) s’accompagnait d’une prise de possession des nouvelles terres au moyen orient, en Asie et au Maghreb. Dès le début du 8ème siècle, un premier mouvement d’expansion territoriale débouche sur la constitution d’un empire arabo-islamique qui s’étendait de l’Andalousie à l’Asie du sud Est. Dans ce cas d’espèce, la dimension religieuse (ou plutôt de l’idéologie politique religieuse) du cycle colonial arabe, fut un élément central dans le processus de légitimation de l’expansion. Si les motivations sociales, politiques et économiques sont plus importantes, le discours religieux (essentiellement incompatible avec la philosophie politique coranique) occupait une place hautement significative de premier plan.
Dans le cas de l’expansion arabe au Maghreb, nous avons au moins trois raisons de soutenir et d’affirmer un tel constat amère (incompatible avec la conception de l’histoire officielle telle qu’elle est diffusée et enseignée au sein des sociétés dites arabes), à savoir :
1- Les communautés amazighes furent longtemps privées et écartées de la transmission du savoir, des traductions des pensées philosophiques, des acquis scientifiques, techniques et artistiques issus du niveau de développement réalisé antérieurement au temps de l’âge islamique. Sauf une poignée d’amazighs (Ibn Khaldun / Ibn Roshd /, Abbas Ibn Firnas médecin, chimiste, musicien et poète, / Nur Ed-Din Al Betrugi -1204, de Al Andalus : astronome et physicien en l’occurrence) devinrent des penseurs-chercheurs de haut niveau en raison de leur position sociale proche des cours impériales du moyen orient et de l’Andalousie. Il fallait attendre l’avènement des Etats berbères almoravide et almohade (11ème et 12 siècle grég.), pour que des penseurs amazighs soient valorisés et reconnus. On assiste par exemple (au temps des Almohades) à la création des centres de formations et des Ecoles dans divers domaines (théologie, Philosophie, sciences etc.), et des bourses d’études furent accordées aux étudiants. L’encadrement de ce programme de formation et de recherches avait été confié au grand philosophe Ibn Roshd vers 548H. / 1153 G. De même que les grands penseurs de l’époque (dont le maitre d’Ibn Roshd, Ibnou Toufyl ), furent reçus et honorés par la cour almohade, particulièrement à Marrakech.
La traversée du désert des intellectuels berbères prit de l’ampleur d’une manière continue pendant cinq siècles (du 16èmeau 20ème siècle) avec l’avènement des dynasties arabes d’obédience omeyyade (les Saâdiens et les Alaouites) jusqu’au lendemain de l’indépendance.
2- Deuxième raison : Le mode de production dominant au cours de l’expansion arabe était basé sur l’accaparement de plus de terres, l’extorsion du surplus, le prélèvement des différentes formes de taxes qui s’ajoutent à la «jizya»), et la mise en esclavage d’une partie de la population amazighe par le feu et les armes sans aucune contrepartie.
3- Troisième
raison : Si le concept de civilisation symbolisait dans la pensée ethnocentriste occidentale (au
temps de la colonisation) le sentiment de supériorité de l’Occident» sur
l’Afrique et l’orient, au Maghreb amazigh (passé sous la domination arabe), la
notion de «civilisation» symbolisait le sentiment de supériorité de la culture
et de l’idéologie arabes sur le Maghreb amazigh.
La question amazighe, démocratie et développement : les contraintes d’ordre méthodologique (TITRE II)
Précisions sur le rapport complexe entre la question amazighe et la problématique de la démocratie et de développement
Par rapport à ces problématiques centrales liées à la question amazighe et qui préoccupent l’ensemble des acteurs politiques et associatifs du pays, nous devons formuler les précisions d’ordre méthodologique en parfaite symbiose avec les règles et les normes académiquement admises de la sociologie politique et des «sciences» de l’histoire modernes à savoir- Première précision : Elle concerne plus particulièrement la problématique centrale du passage de l’espace culturel à l’espace politique. Plus précisément, le traitement objectif des questions culturelle et identitaire relatives à l’amazighité pose la nécessité de séparer méthodologiquement l’analyse critique des régime politiques qui ont parrainé jusqu’ici l’amazighité d’une côté, et l’étude rationnelle des paramètres culturels et religieux pour une reconstruction historique et sociologique du patrimoine amazigh de l’autre. En d’autres termes, les défenseurs des droits des Amazighs acquièrent légitimement le droit de relever le caractère totalitaire des régimes politiques arabes (en conformité avec les fondements de la démocratie moderne), comme ils acquièrent le droit de ne pas adhérer aux projets de développement économique et politique adoptés par le pouvoir politique de leur pays (dont ils gardent le droit légitime de critiquer le caractère non démocratique) sans abandonner leur combat pour la défense des droits fondamentaux des Amazighes à l’intérieur et à l’extérieur de leur patrie.
Encore faut il arriver à séparer l’esprit tribal des questions politiques et culturelles à caractère national en ce qui concerne certaines associations amazighes radicales d’un côté, et à renoncer au discours dominant et falsificateur qui définit la nation marocaine exclusivement à partir de l’arrivée d’Idriss Premier sans se soucier de l’histoire et de la culture amazighes présentes au Maghreb antérieurement à la domination arabe de l’autre!.
Nous pouvons affirmer sans détour, que tous les défenseurs des droits culturels et linguistiques amazighs sont attachés sincèrement et dialectiquement à leur patrie, mais sans perdre pour autant le droit légitime de ne pas adhérer aux idéologies qui façonnent les rapports de discrimination et d’exclusion dont souffrent spécifiquement les communautés amazighes, et sans cautionner la reproduction des rapports d’inégalité et de marginalisation dont souffrent les couches pauvres du pays abstraction faite de leur langue maternelle arabe ou amazighe !
- Deuxième précision : Les défenseurs de l’amazighité se trouvent en position tout à fait légitime de ne pas être satisfaits des perspectives officielles de résoudre la question des droits économiques et culturels des Amazighs dans le cadre exclusif de la politique de décentralisation et de «régionalisation avancée» puisque elle ci n’eut connu jusqu’ici que des échecs sans déboucher concrètement sur une prise en compte réelle et concrète des volets culturels, linguistiques et artistiques propres aux ethnies amazighes.
- Troisième précision : Elle concerne la consécration constitutionnelle de la langue amazighe. A ce propos, nous rappelons qu’il ne s’agit pas d’inscrire des orientations en termes de développement, de décentralisation et de régionalisation etc. dans le texte-même de la Constitution pour faire croire à leur relance et à leur mise en application ! (NOTE 1)
Ce ne sont pas des discours et des productions littéraires et législatifs à caractère théorique qui font bouger et réformer les sociétés.
Les Sciences politiques ayant servi d’outils méthodologiques d’élaboration des Constitutions et des différentes institutions démocratiques fonctionnelles en occident (Europe et Etats-Unis en l’occurrence), nous enseignent que la discordance entre l’énonciation constitutionnelle (y compris par un chef d’Etat charismatique et de bonne volonté ) et la mise en œuvre de politique de réformes, constitue durablement un obstacle aux changements structurels et à la mise en œuvre d’une gestion rationnelle de développement, et seule une réelle volonté politique de l’ensemble des acteurs en présence (classe dirigeante, partis politiques, cadres de l’Etat, organisations de la société civile), pourrait permettre de dépasser le caractère théorique de ces énonciations constitutionnelles et juridiques.
A l’instar des questions liées au développement économique et à la formation de la démocratie, la question culturelle amazighe ne sortira pas facilement du cadre théorique et des discours rhétoriques récemment tenus par les élites dirigeantes du pays.
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(NOTE 1)
Il est à préciser que l’unanimité des observateurs étrangers aient relevé le «changement de cap à 180 degrés» du pouvoir makhzénien suite à l’espoir ressenti de voir le Maroc politique s’engager dans la voie de la modernité, de développement et de la démocratie au début du règne de Mohamed VI. Or les forces obscures aux visions égocentriques, réussirent à faire de la classe dirigeante du pays une nomenklatura soudée autour des lobbys, dont les représentants ne visent qu’à s’accaparer de plus de richesses et à rentabiliser leurs affaires sans se soucier des droits et des attentes du peuple marocain. (Pour plus de détails sur cette dérive totalitaire du Makhzen économique et politique, voir notre étude intitulée : «Le Maroc entre les modes de gestion d’incompétence et les exigences de bonne gouvernance »
Les Mouvements amazighs entre les revendications identitaires et les contraintes politiques au Maroc
les mouvements associatifs porteurs de revendications identitaires amazighes au Maroc
Nous avons à recenser trois grandes tendances qui diffèrent fondamentalement au double niveau de la méthodologie d’appréciation de l’amazighité et de la définition des objectifs (culturel ou politique) assignés à leurs revendications, à savoir :- La première est la plus enracinée dans l’histoire du Maghreb aux différentes étapes précoloniale, coloniale et postcoloniale jusqu’aux dernières consécrations constitutionnelles de la langue amazighe plus particulièrement en Algérie et au Maroc. Il s’agit d’une vision ethnocentriste et réductionniste qui a traité jusqu’ici l’amazighité comme un simple accessoire à caractère exotique et folklorique en opposition à la grandeur du patrimoine et de la civilisation arabo-islamiques, au lieu de l’appréhender en tant que volet identitaire, linguistique et culturel qui fait parti de la personnalité composite de la société maghrébine. Le programme incohérent de la chaine de télévision amazighe qui souffre dramatiquement du manque de méthodologie susceptible de réhabiliter et de préserver la culture amazighe, s’inscrit dans cette vision réductionniste (voire destructrice) de l’authenticité et de la spécificité amazighes.
- La deuxième tendance est radicale, voire indépendantiste qui cherche à inscrire la question amazighe dans un programme de revendication à caractère politique et «arabophobe», en se référant fanatiquement à un passé prestigieux des dirigeants amazighs tout en attribuant les effets dévastateurs sur la culture et la vie des communautés amazighes exclusivement aux seules expansions islamiques (الفتوحات الاسلامية) .
Certaines associations d’obédience régionaliste revendiquent la large autonomie, voire l’indépendance politique des régions à dominante amazighe tels que les mouvements de revendications issus du Rif et du grand Sous. Elles refusent de se contenter des seules revendications identitaires en se référant au droit international qui garantit aux peuples l’autodétermination et l’indépendance en dépassement du cadre national ou sub-national, voire au-delà de l’arabisme ou de l’islamisme. L’association rifaine dite «Dix huit septembre» installée en Espagne et qui suit les traces des mouvements indépendantistes catalans, est la plus radicale qui rejette tout compromis avec le pouvoir monarchique marocain.
A ce propos, nous avons le devoir de rappeler et de rétablir une «vérité historique et politique» que l’ensemble de l’intelligentsia marocaine n’arrive pas à appréhender à sa juste valeur en ç)ce qui concerne le cas spécifique du Rif et de la nature des contestations qui s’y développent depuis l’origine jusqu’à aujourd’hui, à savoir : Malgré tout ce que les populations rifaines eurent subi (dans leur ensemble) comme terribles répressions et injustes discriminations, partant de la colonisation (plus particulièrement au temps de la «République des Tribus Confédérées du Rif» et de la résistance de la décennie 1950) jusqu’à la fin du 20ème siècle, il n’existe pas un seul rifain dans le monde qui «pense séparation» de la région du Rif de la nation marocaine. Les contestataires indépendantistes (et non séparatistes) les plus radicaux ne projettent nullement de tourner le dos au peuple marocain à majorité amazighe, mais ils lient tout simplement leurs revendications politiques et identitaires à la nature du régime politique monarchique dont ils contestent la gestion politique jugée tantôt non démocratique, tantôt ingrate et discriminatoire à leur égard. D’autant plus, que ce sont incontestablement les Rifains qui ont toujours donné le meilleur exemple dans la lutte contre le colonialisme et pour la réalisation de l’indépendance du pays qui s’incarne dans les actions héroïques et historiques qui furent menées avec courage et conviction par Mohamed ben Abdelkrim Alkhattabi dans la décennie 1920 et les combattants de l’AL-Armée de Libération- (جيش التحرير) à la veille de l’indépendance.
L’objectif suprême qu’ils fixent fondamentalement à leurs actions et à leurs revendications est la réforme en profondeur de la société politique marocaine dans le sens d’une démocratisation culturelle, économique et politique !!!! (sans trop de commentaires)
- La troisième tendance qui définit les droits linguistiques et culturels des Amazighs comme faisant parti des revendications à caractère général pour la construction d’une société démocratique. Et qu’en dehors de la démocratie, la réalisation et la satisfaction de ces droits demeurent illusoires et utopiques. Pour les partisans de cette analyse, la consécration constitutionnelle et la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe est une étape importante vers la reconnaissance de l’amazighité en tant que langue, qu’identité et culture (كمرحلة للاعتراف بالامازيغية كلغة وهوية و ثقافة) qui doit contribuer à la réalisation des projets de développement économique et de construction de la démocratie dans le pays. Les revendications transnationales incarnées par le Congrès mondial Amazigh et l’Assemblée Mondiale Amazighe ont conduit jusqu’ici à une convergence des amazighités nationales autour d’une identité culturelle unifiée (illustrée au niveau du territoire dit Tamazgha) prônant des symboles tels que l’alphabet Tifinaghe et le drapeau amazigh.
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Sur un plan plus général, nous devons affirmer avec certitude que malgré les maigres résultats de l’enseignement de la langue amazighe, le discours officiel marocain sur l’amazighité suit théoriquement depuis quelques années une voie positive, alors que les prises de position constantes depuis l’indépendance des différents partis politiques (Istiqlal, USFP, PPS, RNI, PJD en l’occurrence) demeurent paradoxalement ultraconservatrices, voire ethnocentristes axées sur l’arabité.Nous devons rappeler que le nouveau pouvoir sous l’autorité du Roi Mohamed VI, ait su parfaitement affecter la carte amazighe (الورقة الامازيغية) à des fins de consolidation de la légitimation politique à l’instar des trois grandes initiatives qui furent prises et exploitées dans ce sens, à savoir :
1- Initiative d’élaborer un nouveau code de la famille (مدونة الاسرة) pour créer de nouvelles conditions juridiques au statut à la femme marocaine ;
2- Initiative relative aux droits de l’homme cristallisée dans le rôle et les actions de la Commission d’Equité et de Conciliation (هيأة الانصاف و المصالحة ).
3- La consécration constitutionnelle de ces trois initiatives : *l’amazigh devient une langue nationale et officielle ;
* l’instauration de l’égalité entre les hommes et les femmes ;
* la mise à niveau des droits de l’homme avec les normes internationales.
A ces trois initiatives historiques, s’ajoutent les directives royales de lier l’amazighité au projet annoncé de développement, de modernisation et de démocratisation du pays inscrit (suivant le discours officiel) dans la «modernité»
La question de l’amazighité eut connu des changements théoriquement significatifs suivis des consécrations institutionnelle et constitutionnelle. Ils précédèrent curieusement les positions des partis politiques traditionnels qui étaient obligés de s’aligner à postériori sur ces grandes initiatives royales qui n’ont pas pu dépasser à leur tour le stade théorique et rhétorique, à savoir :
- la reconnaissance officielle de l’amazighité-الامازيغية- et l’inauguration de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) «chargé de la promotion de la culture amazighe et du développement de la langue amazighe»;
- la reconnaissance officielle de l’amazighe en tant que langue (- لغة-) au lieu de simples dialectes (- لهجات-) ;
- La reconnaissance officielle de l’amazighité en tant que volet culturel indissociable du patrimoine national appartenant à tous les marocains ;
- L’intégration de la question et des droits amazighs au processus et au projet démocratiques du pays ;
- la mise à niveau des prises de positions des différents partis politiques (très retardataires par rapport au discours officiel) sur l’amazighité.
- Et enfin, la consécration constitutionnelle depuis 2011 de l’amazigh en tant que «langue nationale officielle» -لغة وطنية رسمية- au même titre que l’arabe.
Parallèlement à cette évolution relativement positive du discours officiel, il faut relever aussi des avancées au niveau des revendications et des actions de la société civile et des mouvements associatifs qui s’ajoutent au travail d’organisation efficace du Congrès Mondial Amazigh (et de l’Association Mondiale Amazighe) qui fixa comme objectifs (*) :
-« la défense et la promotion des droits, politique, économique et sociaux, culturels et linguistique des Amazighes » ;
- « La défense et la promotion des droits individuels et collectifs des Amazighs » ;
- « La préservation du patrimoine historique et culturel amazigh »;
- la sauvegarde et la défense de la «liberté, la justice et la dignité pour le peuple amazigh
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*) Voir plus loin, les précisions sur la création, l’évolution et la division du CMA (Congrès Mondial Amazigh) : les mouvements de reconnaissance identitaires amazighs entre les contraintes d’organisation et les revendications linguistiques
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